Les racines de l’anti-intellectualisme au Québec
L’anti-intellectualisme, un phénomène culturel complexe, se caractérise par une méfiance envers l’érudition, souvent perçue comme élitiste ou déconnectée des réalités quotidiennes. Au Québec, ce sentiment a été nourri par une tradition populiste et par des politiciens se présentant comme issus du « vrai monde », selon l’historien Jonathan Livernois.
Le terme « intellectuel » fait son apparition vers 1880, en grande partie grâce à l’affaire Dreyfus en France. En 1898, des figures telles qu’Émile Zola, ainsi que des scientifiques et des sociologues, défendent un militaire accusé d’espionnage par le biais d’une pétition. Les signataires de cette pétition sont alors désignés comme des « intellectuels ».
Cependant, au Québec, certains intellectuels, comme le journaliste Étienne Parent et le chanoine Lionel Groulx, rejettent cette étiquette. Livernois souligne que « rapidement, c’est l’image un peu négative de la chose qui s’inscrit dans le discours social québécois ».
Dans les décennies suivantes, des politiciens tels que Camillien Houde et Maurice Duplessis développent une méfiance envers les figures intellectuelles. Livernois explique que l’écart entre les milieux intellectuels et ouvriers s’est accentué durant les années 1950, renforçant ainsi l’anti-intellectualisme au sein de la société québécoise.
La réflexion sur ces dynamiques demeure cruciale pour comprendre les interactions entre éducation, politique et culture au Québec.
Source : OHdio

