La propreté excessive de la Station Spatiale Internationale pourrait nuire à la santé des astronautes
Dans le cadre d’une étude récente, des chercheurs américains ont analysé la vie microbienne à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS). Les résultats, basés sur plusieurs centaines d’échantillons, suggèrent que cette propreté excessive pourrait être liée à des problèmes de santé rencontrés par les astronautes. Les auteurs de cette recherche recommandent de diminuer l’utilisation de désinfectants et d’introduire des microbes bénéfiques à bord.
Des microbes peu nombreux et peu diversifiés dans la station
Une étude publiée dans la revue Cell en août 2026, dirigée par le département de bio-ingénierie de l’Université de Californie à San Diego, a révélé que la propreté de l’ISS pourrait avoir des conséquences négatives sur la santé des astronautes. En effet, ces derniers souffrent parfois de dysfonctionnements au niveau de leur système immunitaire, se traduisant par des éruptions cutanées et des allergies. Les causes de ces problèmes étaient jusqu’alors inconnues.
Les chercheurs ont analysé plus de 800 échantillons prélevés dans les modules pressurisés du segment orbital américain de la station, entre octobre 2020 et avril 2021. Cette analyse a permis d’identifier les microbes et substances chimiques présents à bord, ainsi que les mécanismes de propagation d’un module à l’autre. Les résultats montrent que la majorité des microbes proviennent de la peau humaine, des aliments et des déjections. En revanche, des microbes bénéfiques, essentiels au bon fonctionnement du système immunitaire, sont absents, notamment ceux provenant des sols, des animaux et des plantes. Les échantillons microbiens collectés ne représentent que 6,31 % de l’arbre phylogénétique, un taux très inférieur à celui observé dans les forêts tropicales, où il dépasse les 28 %.
De futurs vaisseaux spatiaux avec jardin ?
Les auteurs de l’étude ont effectué des comparaisons avec d’autres environnements, soulignant que l’ISS ressemble davantage à une salle d’assemblage d’engins spatiaux qu’à un lieu adapté à la vie humaine. Ils ont également comparé la situation à celle des dortoirs d’isolement sur le campus de l’Université de Californie pendant la pandémie de Covid-19, où la stérilisation constante avait effacé les signatures microbiennes.
Pour maintenir un environnement microbien sain à bord, les scientifiques suggèrent de réduire l’utilisation des produits désinfectants et d’introduire des microbes bénéfiques. Cela pourrait nécessiter une réorganisation de la station pour éviter la contamination entre modules. Enfin, les chercheurs envisagent d’intégrer de la végétation et des pollinisateurs dans les futurs vaisseaux spatiaux, afin de créer un écosystème autosuffisant et équilibré.
Source : Cell, 2026.

