Les « passoires » en bonne voie pour revenir sur le marché de la location : les prix de ces logements mal notés vont-ils grimper à nouveau ?
Le projet de loi sur le logement a été approuvé en première lecture au Sénat mercredi 8 juillet. Ce texte, qui doit être examiné par l’Assemblée nationale à la rentrée, prévoit notamment la réautorisation de la location des logements classés E, F et G sur le diagnostic de performance énergétique (DPE), considérés comme des « passoires thermiques ». Le gouvernement souhaite permettre aux bailleurs de louer environ 700.000 de ces biens, à condition qu’ils réalisent des travaux de rénovation dans un délai de trois à cinq ans.
Cette me a suscité des critiques de la part d’associations de protection des locataires, qui craignent que certains propriétaires ne respectent pas cette obligation de travaux. Le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, a souligné que le financement des rénovations pourrait poser problème, notamment pour les petits propriétaires souvent âgés et à faible solvabilité.
Contexte factuel
Depuis janvier 2025, la location des logements classés G est progressivement interdite, suivie par les logements F en 2028 et E en 2034. Cette réglementation a entraîné une diminution significative de l’offre locative. Selon le portail d’annonces immobilières Bien’Ici, le volume d’annonces pour les logements F et G a été divisé par cinq depuis 2019, représentant désormais seulement 4% des logements proposés à la location, contre 10% en 2019. Plus largement, le nombre total d’annonces de location a chuté de moitié sur la même période.
Données ou statistiques
La plateforme GoFlint, qui revendique plus de 860.000 annonces, observe une hausse de l’offre de logements E, F et G à la vente, souvent perçus comme des opportunités pour les acheteurs en raison de leur prix inférieur par rapport à des logements plus performants. En moyenne, l’écart de prix entre ces passoires thermiques et des logements classés A et B est de 33%. Cependant, ces écarts tendent à se réduire depuis un à deux ans, avec une stabilisation des prix des logements F et G.
À Paris, la décote pour les logements F et G est de 13% par rapport aux logements A et B, tandis qu’elle est de 7% dans certaines villes côtières comme La Rochelle et Biarritz, de 18% à Lyon et de 25% à Marseille.
Conséquence directe
Si le projet de loi est voté, il pourrait atténuer le stigmate associé aux logements E, F et G, réduisant ainsi les écarts de prix et entraînant une possible décompression des attentes des acheteurs. Toutefois, les propriétaires de ces logements devront toujours s’engager à effectuer des travaux de rénovation dans un délai défini, et l’évolution des normes du DPE pourrait également influencer le marché.
Source : BFM TV.
