Les Kouriles, pomme de discorde entre Moscou et Tokyo

Les Kouriles : Pomme de discorde entre Moscou et Tokyo

Les îles Kouriles, un archipel volcanique s’étendant sur 1 176 km entre le cap Nosappu et le cap Lopatka, se situent entièrement en mer d’Okhotsk. Leurs rivages méridionaux délimitent la frontière entre l’océan Pacifique au sud-est et la mer d’Okhotsk au nord-ouest. Historiquement, l’archipel a été visité par des marchands, chasseurs et pêcheurs d’origines variées, y compris ouest-européennes, depuis 1643. À partir du XVIIe siècle, il a été revendiqué par divers États, changeant plusieurs fois de statut. Actuellement, il est rattaché à la Russie, bien que les îles les plus méridionales soient revendiquées par le Japon.

La visite qui fait polémique

Récemment, une visite de Vladimir Poutine sur l’une des îles de l’archipel a ravivé une ancienne querelle diplomatique avec le Japon. Ce déplacement a suscité une vive réaction de la Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, qui a qualifié cette visite de « inacceptable » et blessante pour le peuple japonais.

Poutine s’est rendu à Itouroup, une des quatre îles disputées, où il a visité une usine de transformation de poisson et une école. Ce voyage est le premier d’un président russe sur ce territoire depuis celui de Dmitri Medvedev en 2010, qui avait également provoqué des tensions avec Tokyo. Poutine a déclaré que « c’est le Japon qui a des revendications territoriales contre notre pays », tout en soulignant que cette situation est reconnue dans des documents internationaux comme une réalité de l’après-Seconde Guerre mondiale.

Les relations russo-japonaises sont marquées par des tensions autour de quatre îles que l’armée soviétique a prises en 1945, à la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Un dialogue pour une éventuelle restitution au point mort

Jeffrey Hall, maître de conférences en études japonaises, estime que « le dialogue ne reprendra pas de sitôt ». Il souligne que la visite de Poutine sur les îles envoie un message clair : la Russie ne restituera jamais ces îles tant qu’il sera au pouvoir.

Depuis 1945, Tokyo se base sur le traité de 1855, qui a fixé la frontière entre la Russie tsariste et le Japon, tandis que Moscou se réfère à la conférence de Yalta de 1945, où il a été convenu que les Kouriles seraient cédées à l’URSS en échange de son entrée en guerre contre le Japon. Ce contentieux empêche les deux pays de conclure un traité de paix officiel.

Environ 20 000 citoyens russes résident dans les Kouriles, un archipel au climat rigoureux, riche en ressources, notamment en or et en argent, ainsi qu’en zones de pêche, ce qui lui confère une importance stratégique, notamment durant la Guerre froide.

Source : DW

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