Les grues volent vers le sud : rencontre avec Lisa Ridzen, l’auteure du roman phénomène qui a conquis l’Europe
Un lac, une forêt, et non loin, une maison en bois et briques dans le hameau de Hegled, à un quart d’heure d’Ostersund, en Suède : c’est ici que vit Lisa Ridzen, une romancière de 38 ans, qui a récemment atteint le statut de millionnaire en termes d’exemplaires vendus. Son premier roman, Les grues volent vers le sud (Tranerna flyger söderut), publié en août 2024, a déjà écoulé environ 300 000 exemplaires dans un pays de 10 millions d’habitants, ce qui équivaut à près de 20 millions en France.
Ce phénomène littéraire a attiré l’attention de 44 pays acheteurs et a suscité une compétition acharnée parmi les éditeurs, notamment en Allemagne où neuf maisons se sont affrontées pour acquérir les droits. Le livre, publié en France le 7 mai, présente un journal intime poignant d’un homme de 89 ans, offrant une réflexion sur la vieillesse et les relations père-fils, sans meurtre à l’horizon.
Lisa Ridzen, souriante et décontractée, est entourée de son chien golden retriever, Sixten, lorsqu’elle reçoit des invités, dont Simon Philippe Turcot, le directeur des éditions québécoises La Peuplade. Ce dernier a acquis les droits en français pour une somme modeste, et le livre est déjà prévu en format poche.
Étudiante en sociologie, Lisa Ridzen a commencé à écrire après avoir découvert les carnets de liaison des aides à domicile de son grand-père. Son expérience dans le soin des personnes âgées a influencé son écriture, cherchant à transmettre la sensation de vivre dans un corps qui perd de ses forces.
Le roman se concentre sur Bo, un personnage dont l’amitié et l’amour pour son chien sont les derniers liens le retenant à la vie. À travers ses pensées et ses interactions avec son fils, le lecteur ressent la douleur de la perte d’autonomie et les défis émotionnels liés à la vieillesse.
Ce livre a également touché un public inattendu, notamment des hommes qui ne lisent habituellement pas de fiction, révélant un besoin de récits sur la vulnérabilité masculine. Des enseignants universitaires ont même prévu d’inclure le livre dans leurs cours, soulignant son importance croissante dans le contexte des coupes budgétaires dans les soins aux personnes âgées en Suède.
Lisa Ridzen, qui a récemment surmonté une commotion cérébrale, a prévu de participer à La Comédie du livre de Montpellier du 22 au 24 mai et a commencé à travailler sur son deuxième roman, qui promet d’inclure quelques scènes de sexe.
Les grues volent vers le sud, par Lisa Ridzen, traduit du suédois par Catherine Renaud, est publié aux Éditions La Peuplade, 432 p., 23 €.
Source : L’Express.

