L’afflux de migrants à Ceuta atteint un seuil critique
MADRID – L’enclave espagnole de Ceuta fait face à une crise majeure alors que l’arrivée de migrants en situation irrégulière par voie maritime a considérablement augmenté, entraînant un état d’urgence selon les autorités locales.
Ceuta, l’une des deux villes autonomes espagnoles sur la côte nord-africaine, a enregistré la semaine dernière l’arrivée de 1 500 migrants. Avec une population estimée à seulement 84 000 habitants, les infrastructures d’accueil de la ville sont désormais dépassées. Mercredi, plus de 800 personnes ont tenté de rejoindre Ceuta à la nage, une traversée dangereuse qui a coûté la vie à plusieurs d’entre elles.
Ce jeudi, des centaines de migrants ont franchi la frontière depuis le Maroc, portant le total des arrivées à 2 000. Face à cette situation alarmante, le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a annoncé sa visite à Ceuta pour évaluer la situation.
Lors d’une interview, le maire de Ceuta, Juan Jesús Vivas, a comparé l’afflux à « un million de personnes entrant en Espagne de manière irrégulière ». Il a déclaré que l’enclave connaît une « urgence nationale » et a appelé le gouvernement central à adopter des mes « décisives » sous un « commandement unique ».
La crise migratoire à Ceuta n’est pas nouvelle, mais la voie maritime est devenue la méthode privilégiée pour les migrants, notamment en raison de contrôles de sécurité stricts aux postes-frontières terrestres. Les unités de la Garde civile dénoncent depuis longtemps le manque de ressources pour surveiller et secourir les migrants dans la région.
Vivas a indiqué que 60 corps avaient été retrouvés en mer ces dernières semaines et a demandé que les agents de sécurité soient autorisés à procéder à des « refoulements à la frontière » pour maîtriser la situation.
Une récente décision de la Cour suprême espagnole a précisé que les migrants ne peuvent être renvoyés au Maroc s’ils tentent d’entrer par la mer. Ceuta et Melilla, étant les seules frontières terrestres de l’Europe en Afrique, nécessitent une aide urgente de Bruxelles et de Madrid, selon Vivas.
Le ministère de l’Intérieur a déclaré à Euractiv qu’il n’est pas possible de déclarer l’état d’urgence national, car la législation espagnole ne considère pas les flux migratoires comme un risque pour le système national de protection civile.
(Source : ABC)


