Les data centers sont accusés de faire surchauffer les villes : jusqu'à 9 degrés de plus dans les alentours

Les data centers accusés de surchauffer les villes : une étude de l’université de Cambridge révèle des hausses de température

La consommation énergétique des centres de données dépasse largement l’électricité, impactant également les températures environnantes. Une étude récente menée par des chercheurs de l’université de Cambridge a mis en lumière l’effet thermique mesurable des data centers, révélant des augmentations de température pouvant atteindre 9,1 °C dans certaines zones.

Une étude révélatrice

Les chercheurs, dirigés par Andrea Marinoni, ont analysé deux décennies de données thermiques satellitaires fournies par la NASA, en les croisant avec la localisation de plus de 6 000 data centers à travers le monde. L’étude s’est concentrée sur des installations situées en dehors des zones urbaines denses afin d’isoler l’effet thermique spécifique aux centres de données. Les résultats montrent qu’après l’ouverture d’un data center, la température de surface au sol augmente en moyenne de 2 °C, avec des cas extrêmes atteignant 9,1 °C. Par ailleurs, une élévation de 1 °C a été mesurée jusqu’à 4,5 km, et un signal détectable persiste jusqu’à 10 km, réduisant d’environ 30 %.

Contexte en France

La France se positionne comme un acteur majeur dans le secteur des data centers, avec un nombre d’installations opérationnelles estimé entre 322 et 350 début 2026. Sa capacité installée a atteint 714 MW fin 2024, enregistrant une progression de 40 % en un an. En 2025, la France a attiré 69 milliards de dollars d’investissements étrangers dans ce secteur, un chiffre bien supérieur à celui des États-Unis. Deux projets majeurs, dont un campus de 1 GW dédié à l’IA, sont en cours, soutenus par des fonds émiratis et canadiens.

Conséquences potentielles

Cette dynamique d’expansion soulève des inquiétudes quant à l’impact environnemental des data centers. Les chercheurs soulignent que la construction de ces installations implique souvent des changements d’usage des sols, tels que le bétonnage et la suppression de la végétation, contribuant ainsi à l’élévation des températures locales. Environ 343 millions de personnes vivent déjà dans des zones touchées par ces « îlots de chaleur numériques ».

Cadre réglementaire en évolution

Pour répondre à ces enjeux, le cadre réglementaire évolue. La loi REEN de 2021 impose aux data centers de valoriser leur chaleur fatale et de publier des indicateurs de performance énergétique. Un décret d’application attendu pour 2027 renforcera ces obligations. De plus, le sénateur David Ros a proposé une loi visant à encadrer l’implantation des centres de données, adoptée par le Sénat en mars 2026.

L’impact des data centers sur l’environnement et la santé publique est devenu une préoccupation majeure, nécessitant un équilibre entre attractivité économique et durabilité environnementale.

Source : Université de Cambridge

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