Legrand profite en Bourse de l’explosion des investissements en data centers destinés à l’IA
Legrand, un acteur majeur dans le domaine des infrastructures électriques et numériques, connaît une transformation significative sur le marché boursier. Selon Antoine Fraysse-Soulier, analyste chez eToro, les résultats du premier semestre 2026 illustrent ce changement de perception par les investisseurs. Le groupe, qui était traditionnellement considéré comme une valeur défensive, tire désormais profit de l’essor des investissements dans les centres de données (datacenters) dédiés à l’intelligence artificielle.
Pour le premier semestre 2026, Legrand affiche un chiffre d’affaires de 5,4 milliards d’euros, soit une augmentation de 13,1 %. La croissance hors effet de change atteint un niveau record de 17,4 %, tandis que la croissance organique s’élève à 9,8 %, un rythme jugé exceptionnel pour une entreprise de cette taille. La marge opérationnelle ajustée reste stable à 20,8 %, indiquant que cette croissance ne se fait pas au détriment de la rentabilité. Le bénéfice net, quant à lui, progresse de 11,2 %, atteignant 698 millions d’euros.
Les centres de données représentent désormais près d’un tiers du chiffre d’affaires de Legrand, avec une croissance organique supérieure à 30 %. Ce repositionnement stratégique marque un tournant pour l’entreprise, qui est passée d’un fournisseur d’équipements pour bâtiments tertiaires à un acteur clé dans l’alimentation électrique, le câblage et la gestion énergétique des infrastructures numériques. Avec plus de 140 000 références, Legrand propose une offre complète pour les nouveaux datacenters, essentiels au développement de l’IA.
Cette exposition accrue aux infrastructures numériques a entraîné une revalorisation des actions Legrand. Les investisseurs ne considèrent plus Legrand uniquement comme un équipementier du bâtiment, mais lui attribuent une prime similaire à celle des sociétés axées sur les infrastructures numériques. Les investissements des hyperscalers américains dans les capacités de calcul devraient continuer à alimenter cette demande pour les années à venir, offrant à Legrand un relais de croissance indépendant des cycles traditionnels de la construction.
Avant la publication des résultats semestriels, Legrand se négociait sur des multiples de valorisation plus élevés que sa moyenne historique, avec un ratio cours/bénéfice proche de 28 fois les bénéfices attendus pour 2026. Après les résultats, ce ratio est retombé à environ 23 fois, correspondant à la moyenne des cinq dernières années. Depuis le début de l’année, Legrand a également annoncé sept nouvelles acquisitions, représentant environ 450 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, principalement dans les infrastructures électriques et les équipements pour centres de données.
Alors que le marché européen du bâtiment stagne, les États-Unis affichent une croissance organique d’environ 27 %, principalement grâce aux investissements dans les datacenters. Bien que la dépendance croissante de Legrand à l’économie américaine puisse représenter un risque si les dépenses d’investissement des grands acteurs du cloud ralentissent, les besoins en puissance de calcul continuent de croître à un rythme soutenu.
En ajustant ses objectifs annuels, la direction de Legrand envoie un message de confiance quant à sa capacité à devenir un fournisseur stratégique pour les infrastructures de l’IA, renforçant ainsi son attrait pour les investisseurs.
Source : Capital



