Le Soleil change de comportement après 20 ans de calme, la NASA surveille de près
Article initialement publié le 18 septembre 2025
Depuis 2008, les instruments de me en orbite ont révélé un changement progressif mais constant dans le comportement du Soleil. Alors que les modèles prédisaient une longue période de calme, les données collectées par les missions de la NASA ont montré une inversion nette de tendance. L’activité solaire, mesurée par l’intensité du vent solaire, la température des particules et la force du champ magnétique interplanétaire, repart à la hausse.
Ce retournement inquiète les spécialistes, car il pourrait annoncer plusieurs décennies de tempêtes solaires intenses, susceptibles d’impacter nos satellites, réseaux électriques et systèmes de navigation. L’analyse, menée par une équipe du Jet Propulsion Laboratory (JPL), une division de la NASA en Californie, a été publiée le 8 septembre 2025 dans The Astrophysical Journal Letters. Elle s’appuie sur des données issues de plusieurs sondes spatiales, dont ACE et Wind, actives depuis la fin des années 1990.
Un retournement de tendance inattendu
Pendant près de trois décennies, les signaux émis par le Soleil semblaient converger vers une même conclusion : notre étoile s’acheminait vers une longue phase de calme, comparable à celle observée entre 1645 et 1715, connue sous le nom de minimum de Maunder. Cette hypothèse reposait sur des indicateurs concordants, notamment une baisse progressive du nombre de taches solaires et un affaiblissement du vent solaire. En 2008, cette tendance atteignait un point bas historique.
Mais depuis cette date, les mes transmises par les sondes ACE (Advanced Composition Explorer) et Wind révèlent un basculement progressif. Jamie Jasinski, chercheur au Jet Propulsion Laboratory, a coordonné une analyse approfondie de ces données. Il confirme que tous les indicateurs sont repartis à la hausse : le vent solaire a augmenté de 6 % en vitesse, sa densité de 26 % et sa température de 29 %. L’intensité du champ magnétique interplanétaire a progressé de 31 %.
Des cycles solaires à la complexité encore mal comprise
Le comportement du Soleil est structuré en cycles d’environ 11 ans, appelés cycles de Schwabe. Ces cycles sont eux-mêmes inscrits dans des variations plus longues, comme le cycle de Hale, de 22 ans. Toutefois, si les cycles courts sont relativement bien modélisés, les fluctuations de plus longue durée échappent encore en grande partie à la compréhension des astrophysiciens.
Une intensité d’activité inattendue dès le cycle actuel
Le cycle solaire 25, démarré en décembre 2019, devait selon les prévisions initiales être comparable ou légèrement inférieur au précédent, jugé particulièrement faible. Le Space Weather Prediction Center (SWPC), regroupant la NOAA et la NASA, anticipait un maximum solaire modéré autour de 2025. Cependant, dès 2023, les observations ont contredit ces estimations. Le nombre de taches solaires a explosé bien plus tôt que prévu, atteignant en 2024 des niveaux jamais vus depuis plus de 20 ans.
Ce renforcement s’est manifesté de manière spectaculaire en mai 2024, lors d’une tempête géomagnétique classée « extrême ». Cette tempête a provoqué des aurores boréales jusqu’aux latitudes moyennes et des perturbations sur les réseaux électriques et les satellites, avec des dommages économiques estimés à plus de 500 millions de dollars.
Une vulnérabilité technologique face aux aléas du Soleil
Le regain d’activité solaire représente un risque concret pour les sociétés modernes, fortement dépendantes des technologies spatiales et numériques. Les particules énergétiques issues des éruptions solaires peuvent atteindre la Terre en quelques dizaines d’heures, déclenchant des tempêtes géomagnétiques qui induisent des courants électriques dans les lignes à haute tension.
Face à cette menace croissante, la NASA, en collaboration avec la NOAA, prépare plusieurs missions dédiées à la prévision du climat spatial. Parmi elles, IMAP (Interstellar Mapping and Acceleration Probe) et SWFO-L1, un satellite de veille des orages solaires positionné au point de Lagrange L1, permettront d’obtenir des données en temps réel pour mieux anticiper les impacts.
Le réveil du Soleil impose donc une adaptation urgente des stratégies de protection des infrastructures critiques.
Source : NASA, The Astrophysical Journal Letters
