Déficitaire ou bénéficiaire ? Le Portugal s’écharpe sur son régime de retraite
En 2025, le système de retraites portugais suscite un débat intense : a-t-il dégagé un excédent de 5,4 milliards d’euros ou, au contraire, creusé un déficit de 1,9 milliard d’euros ? Ces deux diagnostics contradictoires s’appuient sur les mêmes données comptables, selon un article de Expresso.
Le premier diagnostic isole le régime général de la Sécurité sociale, tandis que le second, issu d’un rapport commandé par le gouvernement, inclut la Caixa Geral de Aposentações (CGA), l’ancien régime des fonctionnaires, qui ne reçoit plus de nouveaux affiliés depuis 2006. Ce choix, bien que semblant comptable, revêt une dimension politique.
Actuellement, les nouveaux fonctionnaires cotisent à la Sécurité sociale, tandis que la CGA continue de verser des pensions à leurs prédécesseurs sans recevoir de nouvelles contributions. Les experts dirigés par Jorge Bravo estiment que cette séparation des deux caisses embellit artificiellement les comptes. En revanche, leurs adversaires soutiennent que le déficit de la CGA représente une dette ancienne de l’État, qui devrait disparaître avec les derniers bénéficiaires, et ne devrait pas être considérée comme une charge pour les employés du secteur privé. Cette controverse traverse même les rangs de la droite, l’ancien ministre conservateur José Silva Peneda affirmant que cette amalgamation a « vicié » le débat.
Dans les pages d’opinion d’Expresso, le journaliste Daniel Oliveira critique le rapport en question, l’accusant de transformer une dette transitoire en une prétendue faillite du système public.
Cette situation soulève des interrogations sur la viabilité à long terme du système de retraite portugais et sur les choix politiques qui influencent sa gestion.
(Source : Expresso)



