« Laissez-nous faire notre métier » : le PDG de Carrefour appelle les parlementaires à ne pas entraver la négociation

Le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, a exprimé ce lundi 22 juin sa volonté de voir les parlementaires laisser la grande distribution continuer son « travail de négociation ». Cette déclaration fait suite à un rapport de la commission d’enquête du Sénat qui a dénoncé des « pratiques abusives » des grands distributeurs. Les enseignes, lassées d’être perçues comme « le bouc émissaire » des politiques, ont lancé une campagne de communication visant à démontrer leur rôle dans la défense du pouvoir d’achat, en limitant les augmentations de prix sur des produits de grande consommation tels que le Nutella et le Coca-Cola.

Chaque année, du 1er décembre au 1er mars, les supermarchés et les fournisseurs agroalimentaires s’engagent dans des négociations qui déterminent les prix en rayon. Cette campagne met en avant une affiche illustrant une sélection de 12 produits, affichant un prix « avant » négociation de 71,49 euros, réduit à 52,12 euros « après ».

Les enseignes soutiennent que sans ces négociations, le panier coûterait 37 % plus cher, affirmant ainsi que la grande distribution est devenue un « bouc émissaire » dans le débat politique autour de la rémunération des agriculteurs.

Contexte factuel

Alexandre Bompard a souligné que plusieurs dispositions parlementaires visent à restreindre la capacité de la grande distribution à négocier les prix. Fin mai, la commission d’enquête du Sénat a pointé du doigt des pratiques jugées abusives, appelant à un rééquilibrage du « rapport de force » entre distributeurs et fournisseurs pour protéger l’agriculture et l’industrie françaises.

Données ou statistiques

Selon les données communiquées par les enseignes, si les hausses de tarifs industriels avaient été acceptées ces cinq dernières années, des produits comme le Nutella seraient vendus à 9,65 euros le pot de 1 kg au lieu de 6,77 euros, le café Carte Noire à 22 euros pour trois paquets au lieu de 16,75 euros, et le Coca-Cola à 3,03 euros la bouteille de 1,75 litre au lieu de 2,45 euros.

Conséquence directe

Les industriels, quant à eux, soutiennent que les hausses de prix réclamées pour compenser les coûts d’emballage, d’énergie et de main-d’œuvre n’ont pas été acceptées par la grande distribution, ce qui affecte leur rentabilité et leur capacité d’investissement. Alexandre Bompard a averti que toute décision affaiblissant la capacité de négociation des distributeurs pourrait entraîner des prix plus élevés pour les consommateurs.

Source : BFMTV.

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