Non, le Néolithique n’était pas une période pacifique

Non, le Néolithique n’était pas une période pacifique

Depuis 2014, la Russie s’est engagée dans une guerre territoriale contre l’Ukraine, un acte qui rappelle les conflits archaïques du Néolithique. Cette période, débutant il y a environ 8 500 ans en Europe, est souvent perçue comme une époque de paix. Cependant, des recherches récentes remettent en question cette vision. Linda Fibiger, anthropologue à l’université d’Édimbourg, et ses collègues examinent les marques de traumatismes sur des squelettes néolithiques pour déterminer la véracité de cette théorie.

L’analyse des violences interpersonnelles et des conflits armés à l’échelle sociétale est complexe. Les anthropologues estiment qu’environ un tiers des bless liées à des conflits ne sont pas visibles sur les os, rendant difficile la distinction entre les morts dues à des guerres et celles résultant de violences intra-sociétales. De plus, les pratiques d’inhumation influencent la conservation des restes, ce qui complique encore l’identification des victimes de guerre.

Fibiger et son équipe ont étudié 350 crânes néolithiques des îles Britanniques, révélant que 8,5 % avaient subi des traumatismes crâniens, dont 21 individus ont survécu. Une autre étude sur 106 crânes a montré un taux de bless de 24,5 %, avec seulement 11 survivants. Les tombes mégalithiques scandinaves apportent également des données significatives : 16,9 % des 261 crânes danois et 9,4 % des 117 crânes suédois présentent des traumatismes crâniens.

Ces résultats suggèrent que la violence guerrière était plus fréquente que ce que l’on pensait. Les cultures néolithiques, notamment celle du Rubané, montrent des preuves de conflits intergroupes, avec des tombes de masse et des sites archéologiques indiquant des attaques et des raids.

Les chercheurs concluent que la violence guerrière a augmenté durant le Néolithique, en raison de la territorialisation des populations. L’idée d’une paix néolithique semble donc obsolète, illustrant ainsi que les conflits territoriaux, comme ceux observés actuellement en Ukraine, ont des racines profondes dans notre passé.

Source : Pour la Science

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