D’abord il s’agit de devenir riche, ensuite de dominer les femmes : le masculinisme, ce danger multiforme
Coachs en séduction, influenceurs, célibataires involontaires, le masculinisme se décline en différents visages, mais son discours reste le même : les hommes doivent dominer les femmes. Une idéologie qui grouille en ligne et capte dans ses filets un public de plus en plus jeune.
En septembre 2020, à Amriswil (TG), deux jeunes femmes à vélo sont violemment percutées par une voiture dont le conducteur prend la fuite. Longtemps considéré comme un accident, cet événement est aujourd’hui reconnu par Fedpol comme le premier attentat incel de Suisse. Les incels, ou « célibataires involontaires », forment une communauté marquée par une hostilité envers les femmes, certains individus radicaux allant jusqu’à légitimer la violence à leur encontre, voire leur mort.
La communauté incel n’est qu’un des visages d’un courant masculiniste qui gagne en visibilité, notamment sur les réseaux sociaux. Des influenceurs comme Andrew Tate – inculpé pour viols et trafic d’êtres humains en Roumanie – ou les promoteurs du « looksmaxxing » (tendance à optimiser son apparence pour correspondre aux stéréotypes de beauté virile) diffusent des discours valorisant la domination masculine sur les femmes et une virilité exacerbée auprès d’un public de plus en plus jeune.
Une étude récente de l’Université de Zurich révèle que la moitié des jeunes Suisses âgés de 15 à 24 ans estiment que la « vraie » masculinité serait marginalisée aujourd’hui.
Cette dynamique soulève des inquiétudes quant à l’impact de ces idéologies sur la société et les relations entre les sexes.
Source : Le Temps



