Le Japon s’indigne de la visite “inadmissible” de Vladimir Poutine dans les îles Kouriles
Le président russe Vladimir Poutine s’est rendu le 13 août sur l’île d’Etorofu, située dans le sud de l’archipel des Kouriles, qui est sous souveraineté russe depuis 1945, mais revendiquée par le Japon. Lors de sa visite, il a inspecté une usine de transformation de fruits de mer et une exposition sur la guerre en Ukraine dans une école locale, selon la chaîne publique japonaise NHK.
Cette visite est particulièrement significative car elle marque la première fois que Poutine se rend officiellement sur cette île, qui fait partie des “territoires du nord” que Tokyo réclame. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Japon a constamment demandé la restitution de cette région, conquise par l’Union soviétique après le bombardement d’Hiroshima en août 1945.
À l’approche du 81e anniversaire de la fin de la guerre du Pacifique, le gouvernement japonais a réagi vigoureusement. La Première ministre Sanae Takaichi a déclaré : “Nous protestons fortement contre cette visite. Ce territoire fait partie du Japon du point de vue historique et du droit international. La visite du président russe est incompatible avec notre position sur le contentieux et de nature à heurter le sentiment des Japonais. Elle est inadmissible.”
Les médias japonais soulignent que cette démarche de Poutine est liée au soutien du Japon à l’Ukraine depuis l’invasion russe en 2022, ainsi qu’aux sanctions économiques imposées par Tokyo à Moscou. Le quotidien Yomiuri Shimbun a noté que « Poutine tente de secouer la partie japonaise » et que cela pourrait nuire davantage aux relations nippo-russes.
Dans le contexte de la guerre en Ukraine, certains analystes estiment que Poutine cherche à renforcer son soutien intérieur en évoquant la victoire de la Seconde Guerre mondiale.
Pour les anciens habitants d’Etorofu, le symbole de cette visite est fort. Yuzo Matsumoto, un ancien résident de 85 ans, a exprimé son indignation : “Je suis sous le choc de voir Vladimir Poutine sur mon île natale. C’est comme s’il s’était infiltré dans ma maison sans autorisation. Pour nous, c’est un geste inadmissible.”
Cette situation illustre les tensions persistantes entre le Japon et la Russie concernant la souveraineté des îles Kouriles, qui continuent de poser un défi diplomatique majeur.
Source : NHK


