Le gouvernement limite la hausse des dépenses des ministères à 0,4%. sauf des Armées

Le gouvernement limite la hausse des dépenses des ministères à 0,4%. sauf des Armées

Le projet de loi de finances pour 2027 impose une rigueur budgétaire à presque tous les ministères, à l’exception notable des Armées, dans le but de réduire le déficit public et de préparer la prochaine présidence.

Le gouvernement entend présenter un budget « de sauvegarde républicaine », visant à diminuer les moyens de presque tous les ministères pour maîtriser le déficit public et offrir au futur président « des marges de manœuvre ». Cette orientation, annoncée à quelques mois de l’élection présidentielle, inscrit le dernier budget de la présidence d’Emmanuel Macron dans une logique de rigueur, alors que les finances publiques demeurent tendues.

L’objectif affiché est de restreindre les dépenses de tous les ministères l’an prochain, à l’exception des Armées et, dans une moindre me, de la Transition écologique. Cette décision fait suite à un courrier du Premier ministre, en juin, critiquant les demandes budgétaires des ministres jugées « clairement pas priorisées » et « irréalistes ».

Une hausse des dépenses strictement encadrée

Hors Défense et hors charge de la dette, le document prévoit de limiter la hausse des dépenses des ministères à 0,4% en 2027, soit quatre fois moins que l’inflation attendue. Le budget du ministère des Armées augmentera de 6,4 milliards d’euros, tandis que les crédits des autres ministères ne croîtront que de 1,5 milliard d’euros au total. Les dépenses de l’État et de ses opérateurs devraient atteindre 708,4 milliards d’euros en 2027.

Le budget des Armées aura presque doublé depuis 2017, avec des augmentations significatives : 43,9 milliards d’euros en 2023, 47,2 milliards en 2024, 50,5 milliards en 2025, 57 milliards en 2026, et 63,4 milliards en 2027.

La mission « écologie, développement et mobilité durables » recevra 1,5 milliard d’euros supplémentaires. En revanche, le plan d’investissement « France 2030 » sera réduit de 400 millions d’euros, passant de 4,4 milliards en 2026 à 4 milliards en 2027. La mission « travail, emploi et administration des ministères sociaux » subira une coupe de 2,8 milliards d’euros en 2027.

D’autres secteurs, tels que l’aide publique au développement, verront leurs crédits diminuer de 300 millions d’euros, les relations avec les collectivités territoriales de 200 millions, et les missions agriculture et santé de 100 millions chacune.

Les dépenses liées aux retraites et à la santé augmenteront également en 2027, sans financement de nouvelles mes, avec une prévision de croissance des dépenses de sécurité sociale de 17 milliards d’euros, atteignant 838,3 milliards d’euros.

Face à cette dynamique, des experts mandatés par Bercy ont suggéré qu’une « année blanche », c’est-à-dire un gel des prestations sociales, pourrait être envisagée en 2027.

Prochaines étapes et marges de manœuvre

Ces plafonds de dépenses devront se traduire par des économies concrètes, sur lesquelles les parlementaires devront se mettre d’accord. Le prochain chef de l’État, s’il a une majorité parlementaire, pourrait adopter dès 2027 un budget rectificatif pour marquer son empreinte.

David Amiel, ministre des Comptes publics, a souligné la nécessité d’un budget de sauvegarde républicaine pour éviter un décrochage économique en 2027, sous prétexte d’élections.

Source : Ministère de l’Économie et des Finances.

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