Le Festival Gnaoua célèbre « l’ouverture de cette musique sur le monde »
Le Festival Gnaoua se déroule jusqu’au dimanche 28 juin à Essaouira, au Maroc, pour sa 27e édition. Cet événement, créé pour défendre et promouvoir une tradition musicale séculaire, met en avant une musique mystique et thérapeutique qui était en voie de disparition.
Abdeslam Alikane, co-programmateur et figure emblématique du festival, évoque l’évolution de la musique gnaoua, autrefois méconnue même des Marocains. Selon lui, cette musique, qui se présente comme un rituel, a gagné en visibilité et en respect au fil des ans. « Aujourd’hui, elle est présente dans les maisons et les voitures », affirme-t-il.
Le festival a été fondé il y a 30 ans, à une époque où la tradition gnaouie et l’instrument emblématique, le guembri, étaient en danger d’extinction. Alikane souligne que le festival a permis de redonner de la valeur à cette culture. « À l’époque, être Gnaoui était synonyme de pauvreté. Je suis fier d’être Gnaoui aujourd’hui, car j’ai pu faire des tournées à travers le monde », déclare-t-il.
La musique gnaoua, qui mélange des influences africaines, subsahariennes et marocaines, permet également des collaborations avec d’autres genres musicaux, tels que le jazz et le blues. Alikane mentionne des connexions avec des confréries comme les Aïssawa et les Ahmadiyya, tout en précisant que la culture gnaoua elle-même n’est pas une confrérie, mais une racine culturelle.
Il évoque également des rencontres marquantes avec des artistes africains, notamment Ali Farka Touré, soulignant les liens profonds entre la musique gnaoua et les traditions musicales subsahariennes. Alikane rappelle que le nom de l’association organisatrice du festival, Yerma, signifie « On y va », symbolisant un voyage musical partagé.
Ce festival, à la croisée des cultures, continue d’attirer des artistes et des spectateurs, consolidant ainsi la place de la musique gnaoua sur la scène internationale.
Source : RFI
