Le débat sur les inégalités entre générations s’intensifie en France, selon un rapport du CNRS.

Le débat sur les inégalités entre générations
31 August 2026

La publication récente d’études comparant les revenus et le niveau de vie des jeunes actifs et des retraités a ravivé le débat sur les inégalités entre générations. Toutefois, cette discussion est souvent biaisée si l’on ne prend pas en compte l’effet de l’âge, rendant le diagnostic incertain. Une priorité politique pourrait être d’accorder une attention particulière à la jeunesse et à l’éducation, considérant que l’avenir du pays en dépend.

Selon l’INSEE, pour l’année 2024, le niveau de vie médian des retraités s’élève à 26 830 €, tandis que celui des actifs est de 29 240 €, soit 92 % de celui des actifs. Le niveau de vie est défini comme le revenu des ménages après impôts et cotisations sociales, tenant compte de la composition du ménage.

Le Conseil d’orientation des retraites (COR) a également publié une étude plus détaillée sur le niveau de vie des retraités, en se basant sur la moyenne plutôt que sur le niveau de vie médian. La pension individuelle brute moyenne est de 1 692 €, représentant 54,3 % du revenu brut moyen d’activité.

Plusieurs facteurs permettent aux retraités de compenser ce handicap initial. Ils vivent souvent dans des ménages moins nombreux, ce qui divise leur revenu en moins de parts. De plus, ils disposent généralement d’un patrimoine plus important, générant un revenu d’épargne de 555 € par mois, contre 383 € pour les actifs. Enfin, les retraités sont plus souvent propriétaires de leur logement, ce qui leur évite des charges de loyer.

Au final, les niveaux de vie des actifs et des retraités sont presque équivalents. Le taux de pauvreté des retraités a diminué et est désormais comparable à celui des actifs, à 10,4 % en 2024, tandis que celui des jeunes a augmenté pour atteindre 20 %. Cette dégradation de la situation des jeunes est souvent attribuée à des politiques publiques mal orientées.

Il convient de se demander si le diagnostic selon lequel les retraités sont indûment favorisés est justifié. Une lecture des données suggère que les retraités n’ont pas un niveau de vie supérieur à celui des actifs. Cependant, cette analyse peut sembler superficielle si l’on ignore l’effet d’âge dans la comparaison entre ces deux groupes.

La véritable question réside dans l’évaluation de l’espérance de niveau de vie des jeunes actifs lorsqu’ils atteindront la retraite. Le scénario de référence du COR prévoit une baisse du niveau de vie relatif des retraités à 89 % de celui de l’ensemble de la population d’ici 2070, dépendant des décisions politiques à venir.

Asr la viabilité du système de retraite est essentiel pour l’équité intergénérationnelle. Si ce système venait à s’effondrer, les jeunes actifs pourraient voir leur niveau de vie à la retraite considérablement diminuer. Les experts s’accordent à dire qu’il sera nécessaire de prolonger la vie de travail, malgré le rejet de cette idée par une partie des jeunes actifs.

Enfin, d’autres paramètres doivent être pris en compte. La France présente un taux de chômage des jeunes élevé et des difficultés d’accès au logement. Le système éducatif peine à garantir une qualification utile pour tous. L’avenir du pays dépend d’une jeunesse bien formée et confiante, ce qui est actuellement en question.

La priorité politique accordée à la jeunesse pourrait donc être un objectif légitime, comme l’a souligné Edouard Philippe lors de son premier meeting de campagne, en mettant l’accent sur l’éducation et la revalorisation des enseignants.

Si l’accent est mis sur la jeunesse, cela aura des répercussions sur les choix budgétaires, et les retraités, surtout ceux qui en ont les moyens, pourraient être sollicités.

Sources : INSEE, Conseil d’orientation des retraites (COR).

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