Le Conseil d’État critique la France pour son manque de politique maritime cohérente.

Il dénonce la « dispersion » française : le Conseil d’État déplore l’absence de réelle politique de la Mer

Le Conseil d’État déplore la dispersion des politiques maritimes en France

En 2026, le Conseil d’État a réalisé une analyse approfondie de la communauté maritime française à travers 300 auditions. Cette étude a abouti à la publication, le 9 septembre 2026, d’un rapport soulignant la « dispersion des politiques maritimes publiques françaises ».

Alors que l’économie bleue a vu sa valeur ajoutée passer de 1 300 milliards de dollars en 1995 à 2 600 milliards en 2020, la France, qui possède le deuxième plus grand espace maritime mondial (plus de 10 millions de km²), peine à s’affirmer comme une grande puissance économique maritime. Les rapporteurs de l’enquête, Rémy Schwartz, Fabien Reynaud et Stéphanie Vera, notent que plusieurs obstacles freinent son développement.

La souveraineté française est contestée dans plusieurs espaces maritimes ultramarins, notamment dans l’Océan Indien, où la criminalité, alimentée par le narcotrafic, se développe. En 2025, la Marine Nationale a saisi 58 tonnes de cocaïne, contre seulement 2 en 2021. Bien que la France soit la troisième puissance économique européenne en matière de pêche, elle est également le cinquième importateur mondial.

D’un point de vue industriel, malgré ses 20 000 kilomètres de côtes et la force de l’armateur CMA-CGM, le premier port français, HAROPA (Le Havre-Rouen-Paris), se classe au 69e rang mondial. Par ailleurs, la construction navale est dominée par la Chine, qui détient plus de 50 % du carnet de commandes mondial.

Pour remédier à cette situation, le Conseil d’État a formulé 28 propositions, regroupées dans un « livre tricolore » qui intègre les Outre-mer. Il appelle à une loi d’orientation quinquennale, visant à renforcer la souveraineté maritime de la France à travers une « ambition maritime européenne et internationale ».

Le Conseil incite également les pouvoirs publics à investir dans la modernisation des ports et des flottes, y compris le futur porte-avions « France Libre » et la flotte océanographique. De plus, il préconise le développement d’infrastructures polaires.

Enfin, le rapport suggère la création d’une enveloppe pluriannuelle au sein du Fond vert pour adapter les territoires littoraux au recul du trait de côte et valoriser les ressources marines. Marc Guillaume, membre du Conseil d’État, conclut en soulignant la nécessité de passer « d’une mobilisation insuffisamment hiérarchisée à une politique structurée ».

Source : Conseil d’État.

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