Le 115 refuse des « instructions » de la préfecture de « remettre des personnes à la rue »
Les associations en charge des demandes d’hébergement d’urgence à Marseille, via le 115, ont exprimé leur refus de se conformer à de nouvelles instructions préfectorales leur demandant de « remettre des personnes à la rue ». Cinq familles, représentant 19 personnes, dont des enfants en bas âge, sont actuellement concernées par cette décision.
Christophe Magnan, administrateur du Service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO-13), a déclaré lors d’une conférence de presse que ces instructions sont illégales, précisant qu’un préfet ne peut pas remettre à la rue une famille hébergée sans avoir proposé une solution alternative. Il a affirmé que « le groupement SIAO a refusé de mettre en œuvre cette instruction » et a adressé un « NON » clair au préfet.
Depuis plusieurs mois, les associations dénoncent un durcissement des critères d’accès au dispositif d’hébergement d’urgence. Selon Christophe Magnan, « le 115 n’offre aucune solution pour 90% des appels reçus », n’orientant que « entre 0 et 2 personnes par jour sur des solutions d’hébergement pour 267 personnes » pour lesquelles aucune alternative n’est proposée. Francis Vernède, de la Fondation pour le logement, a ajouté que ces refus représentent « la partie immergée d’un iceberg énorme ».
À Marseille, plus de 230 000 personnes vivent sous le seuil de bas revenus, ce qui représente plus d’un quart de la population, contre 14% au niveau national. Les associations estiment que remettre des ménages à la rue ne fait qu’aggraver la situation de pauvreté.
Le maire de Marseille, Benoit Payan, a exprimé son soutien aux associations, dénonçant « une rupture grave avec les engagements pris collectivement pour protéger les personnes vulnérables » et affirmant que « la dignité humaine ne peut être une variable d’ajustement budgétaire ».
Source : BFM TV


