L'Armée du Liban Sud, une milice au service d'Israël (1984-2000)

Le 29 avril 2026, un député du Hezbollah promet de déjouer toute tentative israélienne de recréer un « nouvel Antoine Lahad »

Le député du Hezbollah, Hassan Fadlallah, a déclaré le 29 avril 2026 que toute tentative israélienne d’établir une nouvelle milice semblable à celle d’Antoine Lahad, ancien général chrétien et symbole de la collaboration avec Israël, sera contrecarrée. Il a affirmé que la résistance et la résilience du peuple libanais joueront un rôle clé dans cette lutte.

L’Armée du Liban Sud (ALS), active de 1985 à 2000, était une milice soutenue par Tsahal pour maintenir une « zone de sécurité » représentant 10 % du territoire libanais. Cette force a été plus qu’un simple groupe de traîtres ; elle a révélé les dynamiques complexes de la région, marquées par des logiques communautaires et économiques persistantes, même 25 ans après le retrait israélien.

Contexte factuel

L’invasion israélienne du Liban a débuté le 6 juin 1982, lorsque 100 000 soldats ont pénétré dans le pays pour éliminer la présence palestinienne. Le Sud-Liban, principalement peuplé de chiites et de chrétiens, a été le théâtre d’une violence intense. Initialement, les chiites ont manifesté une attitude d’« indifférence positive » envers les Israéliens, mais cette perception a rapidement changé, entraînant des réactions violentes.

En 1985, Israël a retiré ses troupes tout en maintenant une zone de sécurité. L’ALS, commandée par Antoine Lahad, a été formée à ce moment-là, intégrant environ 3 000 hommes, principalement des maronites. Les soldats étaient bien rémunérés, avec des salaires allant de 500 à 900 dollars par mois.

Données ou statistiques

La période d’occupation a été marquée par des pertes humaines significatives. Environ 20 000 personnes ont été tuées durant les 18 ans d’occupation, dont une majorité de chiites. Les villages chiites ont subi des destructions massives, avec près de 80 % d’entre eux touchés. En mai 2000, lors du retrait israélien, environ 6 000 Libanais, membres de l’ALS et leurs familles, ont été transférés en Israël, où ils ont été mal accueillis.

Conséquence directe

La dissolution de l’ALS a révélé un changement démographique majeur dans la région, avec une majorité de chiites, ce qui a affecté le soutien à la milice. Ce changement a également conduit à une crise économique profonde dans le Sud-Liban, aggravée par la perte des marchés israéliens pour les productions agricoles locales.

Source : Revue Conflits

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