Reportage : « On est tous prêts à faire le boulot pour que ça perdure » : l’entreprise de vélos Lapierre placée en redressement judiciaire
L’une des dernières marques françaises de vélos, basée à Dijon (Côte-d’Or) depuis 80 ans, traverse une période difficile depuis le Covid. Placée en redressement judiciaire mardi, elle espère sauver ses 106 emplois.
Mardi 25 août, la direction des Cycles Lapierre a été reçue au tribunal de commerce de Dijon. L’entreprise a été placée en redressement judiciaire, permettant de geler les dettes et d’obtenir des délais de paiement, avec une période d’observation de six mois. Les Cycles Lapierre, qui célèbrent leur 80e anniversaire cette année, font face à une crise majeure, exacerbée par l’effondrement de leur actionnaire, le géant européen du vélo Accell, et les difficultés persistantes du marché.
Dans la ville, Lapierre est perçue comme un patrimoine local, et chaque habitant a une histoire liée à la marque. Viviane, une Dijonnaise, exprime son attachement : « Quand j’ai entendu ça, je me suis dit : ‘C’est pas possible de perdre une boîte française, dijonnaise, qui est de qualité en plus.' »
Une grande partie des 106 salariés étaient en vacances lorsque la marque a demandé son placement en redressement judiciaire. Antoine Vancanneyt, chef de produit, souligne l’inquiétude générale parmi les employés : « Ça implique forcément beaucoup de choses. »
Lapierre produit annuellement 25 000 vélos dans son usine de Dijon, mais la trésorerie est devenue un problème critique. La pandémie a entraîné une explosion de la demande de vélos, suivie d’une chute brutale, laissant l’entreprise avec un surplus de stocks. William Perrier, directeur de Lapierre, rappelle qu’en 2024, l’entreprise avait plus de huit entrepôts pour stocker plus de 45 000 vélos.
La gestion des stocks est devenue essentielle. Perrier déclare : « Le stock, ça coûte de l’argent, donc il a fallu remiser et mettre en place tout un tas de mécaniques commerciales, qui ont certes permis de baisser les stocks, mais qui ont surtout eu un impact sur les marges. »
La faillite du groupe Accell, actionnaire de Lapierre, a laissé la marque dans une situation précaire. Néanmoins, le redressement judiciaire pourrait offrir une chance de rétablissement, permettant de geler les dettes et de construire une solution viable. Perrier conclut : « Quand on parle de Lapierre, on parle de Thibaut Pinot sur le Tour de France, de produits emblématiques dans le VTT. La marque a une ADN, c’est la raison pour laquelle on se bat. »
Les Cycles Lapierre comptent plus de 800 revendeurs en France, témoignant du soutien dont bénéficie la marque dans cette période difficile.
Source : franceinfo



