Ce que l’annualisation du temps de travail va vraiment changer pour les travailleurs : une perte « jusqu’à 1.500 euros par an »
Le conseil des ministres belge a approuvé un avant-projet de loi introduisant l’annualisation du temps de travail, permettant aux travailleurs de prester jusqu’à 12 heures par jour. Ce système, qualifié d’« horaires accordéon », vise à adapter le temps de travail aux fluctuations de la demande, notamment dans les PME.
Avec l’annualisation, le volume horaire est calculé sur une période de 12 mois, ce qui signifie qu’un salarié à temps plein, habituellement engagé pour 38 ou 40 heures par semaine, pourra travailler jusqu’à 48 heures par semaine. Les heures supplémentaires seront compensées ultérieurement, permettant aux employés de bénéficier de périodes de travail réduit. Toutefois, ces périodes de travail ne seront pas choisies par les salariés, mais déterminées par les besoins de l’entreprise.
L’employeur ne pourra pas imposer ce régime sans l’accord écrit du salarié, qui ne pourra pas subir de traitement défavorable en raison d’un refus. Cependant, des syndicats comme Synova estiment que cette garantie est insuffisante, car il sera difficile pour un salarié de prouver des mes de rétorsion.
Le ministre de l’Emploi, David Clarinval, as que l’annualisation n’entraînera aucune perte de salaire, les travailleurs percevant un montant constant chaque mois. Cette réforme est présentée comme bénéfique pour les travailleurs, permettant une meilleure adaptation de leur rythme de travail aux réalités personnelles.
Cependant, des syndicats comme le Synova et la FGTB soulignent le risque d’une perte de pouvoir d’achat. Ils estiment que les heures supplémentaires pourraient disparaître au profit d’une compensation ultérieure. Selon leurs estimations, un salarié à temps plein effectuant régulièrement des heures supplémentaires pourrait perdre jusqu’à 1.500 euros par an. Les travailleurs à temps partiel seraient particulièrement touchés, car ils pourraient ne plus bénéficier d’heures complémentaires rémunérées.
Le ministre Clarinval réfute ces inquiétudes, affirmant que des mes seront prises si une perte de pouvoir d’achat est avérée, bien que la nature de ces mes soit encore à déterminer. Le dossier, après approbation en première lecture, sera soumis aux partenaires sociaux pour avis.
Source : Le Soir, FGTB, Synova.
