Emmanuel Macron veut doter l'UE de droits de douane à la Trump: l'Allemagne soutient désormais le projet français

Emmanuel Macron veut doter l’UE de droits de douane à la Trump : l’Allemagne soutient désormais le projet français

Face à l’augmentation des importations chinoises et à la crainte d’une désindustrialisation, la France, en collaboration avec plusieurs pays européens, propose d’équiper l’Union européenne d’un nouvel outil inspiré de la « Section 301 » américaine. Ce mécanisme viserait à imposer rapidement des droits de douane ciblés contre la Chine pour mieux protéger l’industrie européenne.

À l’occasion d’un sommet des dirigeants européens à Bruxelles, la France, soutenue par l’Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas et la Belgique, se mobilise pour la création de cet outil. Emmanuel Macron a été le premier à défendre ce projet, déclarant : « Il n’y a aucune raison pour que, lorsque notre souveraineté est en jeu, nous ne réagissions pas. » Ce discours a été prononcé le 22 mai dernier lors d’une intervention au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives.

La Section 301 permet au gouvernement américain d’initier des enquêtes sur des pratiques commerciales jugées déloyales et de répondre par des droits de douane. Les économistes Brad Setser et Sander Tordoir soulignent que les États-Unis peuvent imposer des droits de douane sur des secteurs entiers sans avoir à prouver l’existence de subventions au niveau des entreprises.

La proposition française cherche à renforcer les moyens de Bruxelles pour protéger l’industrie européenne face à l’afflux de produits chinois à bas prix. Le contexte s’est intensifié ces derniers mois, l’UE faisant face à un déficit commercial significatif avec la Chine, ainsi qu’à des préoccupations croissantes concernant la désindustrialisation du continent.

Pour plusieurs États membres, les instruments actuels ne sont plus adaptés. Un haut diplomate de l’UE a déclaré au Financial Times : « Outre un outil de diversification, il vous faudra probablement aussi un instrument de protection. » Il a ajouté que si un pays détient une part de marché supérieure à 40 ou 50%, il pourrait être nécessaire de recourir à des droits de douane.

Les responsables européens estiment que les mes de sauvegarde existantes engendrent trop d’effets indésirables. Par exemple, la récente décision de réduire de moitié les importations à bas droits de douane dans le secteur de la sidérurgie a provoqué des tensions avec des partenaires commerciaux, notamment le Royaume-Uni, le Japon et la Suisse.

L’UE dispose d’un outil juridique, l’instrument anti-coercition, qui a été utilisé comme menace face aux pressions américaines. Cependant, cet instrument est jugé trop complexe et n’a jamais été activé.

La Commission européenne travaille également sur un « instrument de diversification » pour réduire la dépendance à la Chine dans des secteurs stratégiques. Cependant, le débat reste divisé au sein des capitales européennes, plusieurs pays craignant des représailles de la part de la Chine, qui a déjà augmenté les droits de douane sur certains produits européens.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a souligné la nécessité de disposer des outils adéquats pour protéger le marché européen. Le Premier ministre belge Bart De Wever a quant à lui affirmé que des choix difficiles devaient être faits pour protéger les industries et les économies européennes à long terme.

Source : BFM TV.

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