Les vagues de chaleur, une « hécatombe sanitaire grandissante »

Les vagues de chaleur : une « hécatombe sanitaire grandissante »

C’était il y a quelques semaines, lorsque la France a subi le premier coup de chaleur d’un été déjà suffocant. Un journaliste de RMC a incité à minimiser les préoccupations face à la chaleur, déclarant : « Tu mets un t-shirt, t’arrêtes de chouiner et basta ! » Cependant, un rapport d’Oxfam publié le 18 juin éclaire la gravité de la situation.

Une hécatombe sanitaire grandissante

Les données de l’étude révèlent l’impact alarmant des températures caniculaires sur la santé publique. Chaque année, la chaleur entraîne en moyenne 5 398 décès en France. Les températures élevées augmentent le risque d’accidents vasculaires cérébraux et de maladies cardiovasculaires, compliquant également les grossesses et aggravant les maladies chroniques.

À titre d’exemple, pour chaque augmentation de 1 °C, les risques d’AVC augmentent de 3,8 %. De plus, le risque de décès par infarctus du myocarde augmente de 7 % lors des journées les plus chaudes. Les femmes, souvent mal diagnostiquées, sont particulièrement vulnérables, surtout durant les canicules.

La xposition des personnes précaires

L’été 2025 a vu 13 095 hospitalisations dues à des cas d’hyperthermie, de déshydratation ou d’hyponatrémie. Les populations les plus précaires, déjà touchées par un système de soins défaillant, sont les plus affectées. La mortalité liée à la chaleur était 31 % plus élevée dans les départements les plus pauvres par rapport aux plus riches.

Ce phénomène constitue une « triple peine » pour ces populations, qui sont non seulement xposées aux risques climatiques, mais aussi en moins bonne santé et moins capables de se protéger. Le risque de xposition aux vagues de chaleur est dix fois plus faible pour les habitants des quartiers urbains les plus favorisés que pour ceux des quartiers défavorisés.

Un hôpital en surcharge

Le rapport d’Oxfam souligne que le réchauffement climatique aggrave un système de santé déjà affaibli. Un quart des lits d’hôpital a été supprimé depuis les années 2000, et 59,5 % des bâtiments hospitaliers sont vétustes. La crise climatique et celle du système de santé se conjuguent, menaçant de conduire à une catastrophe sanitaire.

Les incendies de forêt et la propagation de maladies vectorielles, comme le chikungunya, exacerbent encore les défis sanitaires. Par exemple, le moustique tigre, qui n’était présent que dans un département en 2004, a colonisé 79 départements d’ici 2025.

Faire payer les pollueurs

Pour faire face à cette situation, Oxfam propose de taxer les pollueurs et les grandes entreprises. Selon l’ONG, 0,1 % des plus riches émettent en une journée ce que les 50 % les plus pauvres émettent en une année. Les bénéfices récents de TotalEnergies pourraient suffire à financer les actions d’adaptation de la santé au changement climatique jusqu’en 2050.

Ces données mettent en lumière l’urgence d’agir face aux conséquences sanitaires du réchauffement climatique, qui ne font qu’amplifier les inégalités sociales.

Source : Oxfam, rapport « Santé et climat : la fièvre monte, quand le réchauffement climatique menace notre santé », 18 juin.

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