Le Tapis Rouge pour les Dictateurs : Une Leçon de Morale pour l’Extrême Droite
Chapô
C’est avec une ironie déconcertante que le pays a décidé de dérouler le tapis rouge pour Min Aung Hlaing, l’ancien chef de la junte birmane à l’origine d’une guerre civile sanglante. Pendant que les régions frontalières de Birmanie souffrent des conséquences de ce coup d’État, que dit donc l’extrême droite française ? Fait-elle preuve de cohérence dans son discours ? Spoiler : la réponse est non.
Les faits
La visite de Min Aung Hlaing en France représente une violation des principes démocratiques que nous prétendons défendre. En effet, depuis 2021, la Birmanie est plongée dans une guerre civile suite à un coup d’État mené par Hlaing. Non contente d’ignorer les cris de détresse des populations touchées, la France choisit de recevoir en grande pompe celui qui incarne l’autoritarisme. Ironiquement, cela se produit pendant que les partis politiques d’extrême droite prêchent le patriotisme et les valeurs traditionnelles. Mais l’accueil réservé à un dictateur en dit long sur la rhétorique de ces partis.
Analyse
L’annonce de cette visite scandaleuse s’accompagne d’un bruit de fond éloquent : l’extrême droite française, du Rassemblement National (RN) au petit frère identitaire, ne cesse de fustiger l’immigration et de brandir la souveraineté nationale. Pourtant, que dire d’un pays qui choisit de s’inviter des représentants d’un régime qui viole les droits humains à une échelle industrielle ? N’est-ce pas là une forme d’hypocrisie teintée de double discours ?
La double morale de l’extrême droite
Quand le RN dénonce l’arrivée de réfugiés fuyant des dictatures comme celle de Min Aung Hlaing, on pourrait penser qu’il se positionne en champion de la démocratie. Mais ici, l’évidence est troublante : l’extrême droite choisit de fermer les yeux sur les atrocités commises par certains leaders, tant qu’ils flirtent avec un discours anti-immigration. Comme si la défense des « valeurs françaises » ne concernait que ceux qui ressemblent à leur électorat !
Les arguments
1. Pêche en eau trouble
L’extrême droite se complaît souvent dans le discours de la victimisation, mais que dire des véritables victimes de ce régime autoritaire ? Les populations des régions frontalières, en proie à la violence et à la destruction, méritent notre soutien, pas notre complicité. En soutenant le tapis rouge, n’est-ce pas comme si l’on plongait la tête dans le sable, espérant que rien ne se passe ?
2. La realpolitik à la française
On pourrait tenter de justifier la présence de Hlaing en arguant de la nécessité d’une diplomatie pragmatique. Mais à quel prix ? Avec quel degré de mauvaise foi faut-il calculer les relations internationales ? Ces arguments de l’extrême droite, qui crient à la « défense des valeurs nationales », deviennent incroyablement creux face à la réalité douloureuse des Birmans.
3. L’hypocrisie de la vertu
L’extrême droite fait souvent appel à une morale unidimensionnelle. Que dire alors de l’acceptation de la junte birmane si ce n’est qu’un alignement sur des valeurs en totale contradiction avec leurs discours : la fermeté face à l’adversité, sauf quand cet adversaire est un dictateur. et que cela permet de maintenir les alliances avantageuses. Cela n’arrive-t-il qu’à ceux qui préfèrent l’intérêt à la éthique ?
Les contre-arguments
1. La nécessité de relations internationales
Certains diront que la France doit maintenir des relations, même avec les plus durs. Le pragmatisme diplomatique, disent-ils, est crucial. Mais à quel point une telle approche devient-elle cynique ? L’hypothèse du « meilleur des deux mondes », où le commerce avec des tyrans serait, d’une manière ou d’une autre, bénéfique pour la démocratie, pourrait-elle convaincre le peuple birman, dont les droits sont écrasés sous les bottes de la répression ?
2. La défense de la stabilité régionale
Une autre légende urbaine, populaire au sein de l’extrême droite, est celle selon laquelle soutenir certains régimes peut favoriser la stabilité. Alors, quelle stagnation, quelle stagnation ! La réalité est que cette « stabilité » est souvent construite sur un terrain instable, reliant opportunisme économique et compromission morale. Pour qui sonne le glas de l’humanité, finalement ?
3. La peur de l’immigration
L’extrême droite utilise la peur comme une arme. Ils aiment nous rappeler le flot des réfugiés, mais que font-ils des nouveaux arrivants fuyant la terreur d’un dictateur ? Les pathétiques clivages entre « eux » et « nous » contournent la véritable question : que signifie être français dans un monde où l’injustice se perpétue ailleurs ?
Conclusion
En guise de conclusion, il est évident que l’extrême droite est prise dans un tourbillon de contradictions. En glorifiant des valeurs qu’elle prétend défendre, elle se retrouve à soutenir des figures autoritaires qui mettent les droits humains à l’index. L’accueil réservé à Min Aung Hlaing n’est pas seulement une honte sur le plan diplomatique, mais aussi un révélateur de l’hypocrisie d’un discours qui se veut pur, mais se retrouve entaché par un pragmatisme maladroit. Nous devrions l’accueillir avec le mépris qu’il mérite, tout en gardant à l’esprit que le véritable combat pour la démocratie se mène partout, y compris à notre porte.
Il ne vous aura pas échappé que tout ceci n’est qu’une tribune d’opinion, un cri de cœur pour nos concitoyens, et un défi lancé à l’absurde.



