Vous êtes sûrs, ça ne craint pas de venir ? Lacanau rouvre après l’incendie
Après une semaine de paralysie, la préfecture a autorisé les établissements de tourisme de la grande station balnéaire de Lacanau à rouvrir, dans une configuration inédite pour un début août.
Vincent Heap, directeur général du camping Airotel Océan, effectue un tour de son établissement, une voiturette freinant brusquement devant un mobil-home. « Ménage à faire, draps, sol, tout », lance-t-il, main gauche sur le volant et téléphone dans l’autre. « Les gars, c’est bon, on peut rouvrir, la préfecture vient de donner son feu vert », s’exclame-t-il avant de se précipiter pour annoncer la bonne nouvelle à ses équipes.
Son camping de 10 hectares, comme tous les villages vacances et parcs de loisirs de Lacanau, avait dû évacuer préventivement le mardi précédent sur ordre de la préfecture, en raison d’un phénomène météorologique défavorable et de l’incendie le plus important que la France ait connu depuis un demi-siècle.
Sans savoir combien de familles viendront, Vincent Heap doit préparer 500 emplacements, nettoyer la piscine et réorganiser les activités. L’équipe du snack s’affaire à remettre en route les machines et à remplir les frigos. « En temps normal, ici l’été, c’est 150 pizzas par jour, une centaine de burgers et plusieurs kilos de frites », précise Sandrine, responsable du snack.
Les premières réponses des vacanciers arrivent : « Présents, comptez sur nous. » Vincent Heap ressent une sensation particulière, comme s’il rouvrait une deuxième fois pour la saison estivale. Depuis le début de l’incendie, une partie du camping avait été utilisée pour héberger des pompiers venus de toute la France.
La ville de Lacanau se remet en marche pour accueillir à nouveau les vacanciers. Des établissements, comme un hôtel du centre-ville, affichent des messages tels que « ON A DE LA PLACE ! » pour attirer les clients. Un serveur d’un restaurant du front de mer explique que, normalement, ils réalisent trois services, mais qu’ils n’en ont fait qu’un pendant une semaine. Un autre établissement voisin a enregistré une perte de plus de 80% par rapport à la même période en 2025.
Une déclaration de la préfète de Gironde, Sophie Brocas, a provoqué des inquiétudes. Elle avait conseillé aux touristes d’envisager d’autres destinations, ce qui a créé une certaine panique. Nicolas Jabaudon, directeur de l’office de tourisme Médoc Atlantique, se montre optimiste : « Une semaine blanche ou quasi blanche, c’est déjà beaucoup, mais on peut limiter la casse. »
En temps normal, Lacanau attire 100 000 touristes pendant le grand chassé-croisé entre juilletistes et aoûtiens. Mais vendredi, la plage était désespérément vide de serviettes et de parasols.
Dans une école de surf, les réservations sont bien en dessous des attentes. « On est en mode très dégradé, c’est divisé par deux », indique Merlin Gerze. Les clients s’inquiètent de la qualité de l’air et de la possibilité que le feu reprenne.
Rachel et Lionel, vacanciers de Saint-Étienne, confirment avoir reçu des questions de leurs proches sur leur choix de venir. « En fait, il n’y a qu’un matin où on est restés dans notre logement à cause des cendres. C’est tout », expliquent-ils.
La situation reste fragile, et les vacanciers prennent des précautions, comme apporter des masques. La famille Teil, arrivée du Cantal, a même téléchargé une application pour suivre l’évolution des feux de forêt en temps réel.
Source : Franceinfo


