Édito. La primaire est-elle une machine à perdre ou à gagner ? – franceinfo

La primaire est-elle une machine à perdre ou à gagner ?

L’ancien Premier ministre François Bayrou a proposé, dans les colonnes du Figaro, une grande primaire englobant « le Parti socialiste aux gaullistes » en vue de la présidentielle de 2027. L’objectif affiché est de prévenir un second tour entre le Rassemblement National (RN) et La France Insoumise (LFI). Cependant, cette initiative ne suscite pas un consensus parmi les acteurs politiques.

Historiquement, peu de présidents de la République ont été élus après avoir remporté une primaire : seulement deux, Nicolas Sarkozy en 2007 et François Hollande en 2012. Il convient de noter que la primaire de 2007 a été atypique, le candidat Sarkozy étant le seul sur la ligne de départ après le retrait de ses concurrents. En revanche, la primaire socialiste de 2012 a été un succès, mobilisant près de 3 millions d’électeurs, ce qui a permis de créer une dynamique positive en faveur de Hollande.

Depuis, les résultats des primaires ont souvent été décevants. La primaire des Républicains (LR) pour la présidentielle de 2022, qui a désigné Valérie Pécresse comme candidate, a été particulièrement malheureuse, celle-ci ne dépassant pas 5 % des voix au premier tour.

Pour qu’une primaire soit fructueuse, plusieurs conditions doivent être réunies. D’abord, elle ne doit pas se transformer en un processus de division, comme ce fut le cas lors de la primaire de 2017 entre François Fillon, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Ensuite, la participation des principaux candidats est cruciale ; sans cela, la primaire risque de devenir une simple consultation de seconde zone, comme l’a montré la « primaire populaire » de 2022, qui a été largement ignorée par les figures marquantes de la gauche.

L’idée de Bayrou, de rassembler la gauche et la droite derrière un même candidat, semble compromise. À peine 24 heures après l’annonce, des leaders politiques ont déjà signifié leur refus de participer. Sur le papier, cette initiative apparaît donc comme une potentielle machine à perdre, renforçant les divisions plutôt que de favoriser une union autour d’un projet commun.

Source : Franceinfo

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