Google AI Overviews : la presse française saisit l’Autorité de la concurrence
L’Alliance de la presse d’information générale (Apig), qui représente près de 300 quotidiens français, a annoncé avoir saisi l’Autorité de la concurrence le 11 août 2026. Cette démarche fait suite au déploiement en France des AI Overviews et de l’AI Mode de Google, que l’Apig estime contraire aux engagements pris par le géant américain en 2022.
Le régulateur est appelé à faire respecter les engagements de négociation de bonne foi, de transparence et de non-discrimination, qui avaient été rendus obligatoires par l’Autorité et qui sont valables jusqu’en 2027. Selon l’Apig, le lancement des nouvelles fonctionnalités s’est fait sans véritable dialogue préalable avec les éditeurs, qui ont été contraints d’accepter des mises à jour de leurs contrats de licence ou de retirer leurs contenus, au risque de perdre leur visibilité sur la plateforme.
Marc Feuillée, président de l’Apig, a déclaré : « Les éditeurs ne demandent pas d’arrêter l’innovation. Ils demandent que cette valeur soit partagée et que l’utilisation de leurs productions soit rémunérée, comme la loi l’exige. »
Ce conflit s’inscrit dans un contexte plus large concernant les droits voisins, instaurés par la loi du 24 juillet 2019, qui impose une rémunération pour l’utilisation des contenus de presse. Google a déjà été sanctionné par l’Autorité de la concurrence pour non-respect de cette réglementation, ayant reçu une amende de 500 millions d’euros en juillet 2021.
Des études récentes montrent que le déploiement des AI Overviews a eu un impact significatif sur le trafic des éditeurs. Selon une évaluation de l’Arcom, les marchés européens où la fonctionnalité est active ont enregistré une perte de trafic comprise entre 33 % et 38 %. Aux États-Unis, une étude du Define Media Group a révélé une baisse de 42 % du trafic sur un panel de 64 sites éditoriaux.
Cette situation souligne un nouveau chapitre dans le bras de fer entre Google et la presse française, alors que les éditeurs cherchent à garantir une compensation équitable pour l’utilisation de leurs contenus.
Source : Alliance de la presse d’information générale (Apig)



