Avant New York, la Norvège avait déjà interdit l’IA dans les écoles
Des mois avant que New York n’interdise l’IA générative dans ses salles de classe, la Norvège avait déjà pris des mes similaires sur tout son territoire, mettant en lumière une lacune dans le cadre réglementaire de l’Union Européenne concernant l’IA.
La Norvège a interdit l’IA générative dans ses écoles primaires dès juin 2023, devenant l’un des premiers pays à adopter une position ferme contre cette technologie éducative. Cette interdiction, entrée en vigueur fin août, concerne les classes de la 1re à la 7e année de primaire et n’autorise qu’un usage encadré jusqu’à l’âge de 16 ans. Le Premier ministre norvégien, Jonas Gahr Støre, a exprimé des préoccupations quant au risque que cette technologie fasse obstacle à l’apprentissage des compétences fondamentales en lecture, écriture et mathématiques, préoccupations qui ont également trouvé un écho aux États-Unis.
En revanche, l’Italie a choisi une approche moins restrictive avec sa loi 132/2025, qui, depuis octobre 2022, impose le consentement parental pour les moins de 14 ans souhaitant utiliser l’IA. Cette loi offre ainsi un modèle alternatif de régulation de l’IA dans les écoles au sein de l’UE.
Le cadre légal européen sur l’IA ne traite pas spécifiquement des outils d’IA générative utilisés par les élèves, se concentrant plutôt sur des systèmes à « haut risque » comme la surveillance des examens et l’évaluation des résultats d’apprentissage. La conformité aux nouvelles règles n’est pas attendue avant décembre 2027, selon une révision récente.
New York rattrape son retard
New York a récemment annoncé un moratoire d’un an sur l’utilisation des outils d’IA générative dans les classes de 2-K à la 8e année, touchant près de 600 000 élèves, soit environ deux tiers des effectifs des écoles publiques de la ville. Le maire Zohran Mamdani et le chancelier Kamar Samuels ont également décidé de désactiver les fonctions d’IA dans plus de 38 programmes pédagogiques ne respectant pas les nouvelles normes de sécurité.
Les enseignants pourront encore utiliser l’IA pour préparer leurs cours, mais pas pour corriger les travaux ou gérer des situations de crise. Dans les lycées, jusqu’à 50 000 élèves pourront participer à des programmes pilotes, limités à cinq classes par établissement, tandis que les autres bénéficieront de cours de sensibilisation à l’IA deux fois par an.
Aux États-Unis aussi, une réponse en ordre dispersé
La décision de New York s’inscrit dans un contexte où d’autres districts scolaires, comme celui de Los Angeles, ont également temporairement bloqué l’accès aux outils d’IA générative. Au moins 37 États américains ont publié des lignes directrices sur l’IA à l’école, mais sans consensus sur une définition commune de la « culture de l’IA ».
Les réactions au plan de New York sont partagées. Michael Mulgrew, président du syndicat United Federation of Teachers, a salué les nouvelles limites sur le temps d’écran, mais a soulevé des questions sur la sécurité des logiciels utilisés. Josh Golin, directeur exécutif de l’association Fairplay, a estimé que la période d’examen d’un an était insuffisante, plaidant pour que les entreprises d’IA démontrent la sécurité et l’efficacité de leurs produits.
Les élèves des écoles publiques de New York reprendront les cours la semaine prochaine.
Source : Euronews

