La Nasa a provoqué l’écrasement d’une fusée sur la Lune pour des tests scientifiques.

Le jour où la Nasa a volontairement fait s'écraser une fusée sur la Lune (bien avant SpaceX)

Bien avant le crash d’un étage de Falcon 9 sur la Lune, une fusée de la NASA s’était volontairement écrasée à la surface de notre satellite. Une opération destinée à faire avancer la science, malgré les apparences.

En juillet 2026, le crash d’un étage de fusée Falcon 9 de SpaceX sur la Lune était suivi de près. Cet événement suscitait des inquiétudes, car des opérations terrestres commençaient à polluer la Lune, alors que le lancement n’était pas prévu à cet effet. Toutefois, il y avait aussi un intérêt scientifique, car il est rare de pouvoir observer ce type d’événement avec autant de détails, ce qui peut aider à mieux comprendre les caractéristiques de la surface lunaire.

Ce n’est pas la première fois qu’un tel crash se produit. En 1970, la NASA a planifié une opération similaire : faire exploser un étage de la fusée Saturn V sur la Lune, dans le but d’analyser les effets de l’impact.

Un signal inattendu lors de la mission Apollo 12

L’idée avait émergé lors de la mission Apollo 12 en 1969. Lorsque le module habité a touché la surface, il a généré des vibrations détectées par le sismomètre laissé par Neil Armstrong et Buzz Aldrin lors d’Apollo 11. Ce signal a surpris les ingénieurs de la NASA, qui ne s’attendaient pas à une telle réaction.

Les ondes de choc se comportaient différemment sur la Lune par rapport à la Terre, mettant plusieurs minutes à atteindre leur pic et s’estompant lentement en une heure.

Pour obtenir plus de données, la NASA a décidé d’exploiter cette découverte. Apollo 12 disposait d’un sismomètre, prévu pour être intégré dans un réseau de capteurs pour les futures missions lunaires.

Nouvelle règle : on explose tout

La NASA a donc décidé de faire exploser le troisième étage de la fusée Saturn V lors de la mission Apollo 13, lancée le 11 avril 1970. Les deux premiers étages sont retombés sur Terre comme prévu, mais le troisième a été dirigé vers la Lune. Après une série de problèmes, les astronautes ont dû revenir sur Terre sans avoir marché sur la Lune.

Le troisième étage a finalement percuté la surface lunaire le 14 avril, à une vitesse d’environ 10 000 kilomètres par heure, à seulement 135 kilomètres du sismomètre d’Apollo 12, déclenchant une explosion équivalente à 7,7 tonnes de TNT.

Des crashs pour la science

Le signal résultant de cet impact a duré quatre heures, un phénomène sans précédent sur Terre. Les recherches ont révélé que la Lune est beaucoup plus sèche et solide que la Terre, ce qui influence la propagation des ondes sismiques. Ces ondes rebondissent et résonnent, atteignant les capteurs de manière diffuse.

La NASA a continué cette méthode lors des missions suivantes, jusqu’à Apollo 17, où chaque dernier étage de fusée était systématiquement dirigé vers la Lune pour enrichir le réseau de sismomètres.

Les sismomètres ont été mis en veille en 1977, marquant la fin des missions lunaires habitées. Bien qu’ils n’aient pas pu enregistrer le crash de la fusée de SpaceX, leurs données ont été cruciales pour comprendre la structure interne de notre satellite.

Source : Numerama

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