La migration de main-d’œuvre d’Asie centrale vers la Russie en forte baisse
Les entrées de travailleurs migrants d’Asie centrale en Russie ont connu une chute d’environ 15 % au premier semestre 2026, aggravant une pénurie de main-d’œuvre déjà critique. Selon une analyse des données officielles russes réalisée par le quotidien économique Vedomosti, ce déclin est particulièrement préoccupant pour l’économie russe.
Au cours des six premiers mois de l’année, les entrées officielles de travailleurs d’Asie centrale ont atteint 1,9 million, contre 2,3 millions un an plus tôt. L’Ouzbékistan reste le principal pays d’origine, avec 1,1 million de travailleurs.
Les transferts de fonds des travailleurs ouzbeks ont également évolué. Au premier trimestre 2026, ces transferts ont augmenté de 13 %, atteignant 3,8 milliards de dollars. Cependant, la part des transferts en provenance de Russie a chuté à 72 %, contre 78 % l’année précédente.
Actuellement, la Russie fait face à environ 2,5 millions de postes vacants, tandis que le taux de chômage est estimé à 2 %, un chiffre qui, selon les économistes, pourrait contribuer à une inflation croissante, révisée à 6-7 % pour 2026.
Dans ce contexte, le Kremlin a durci l’accès à l’emploi pour les travailleurs centrasiatiques, ce qui pourrait aggraver la situation. Les dirigeants d’Asie centrale, notamment le président ouzbek Chavkat Mirziyoyev, ont également mis en place des stratégies pour détourner leurs migrants vers l’Union européenne et d’autres régions, cherchant à leur offrir des emplois mieux rémunérés.
La pénurie de main-d’œuvre en Russie pourrait avoir des répercussions à long terme sur la croissance économique, avec un besoin estimé de 10,9 millions de travailleurs supplémentaires d’ici 2030 pour remplacer les départs à la retraite et pourvoir les nouveaux postes.
Source : Vedomosti, cité par Eurasianet, 6 août 2026.



