Pourquoi la France est-elle devenue la puissance la moins populaire au Gabon ?
Selon la dernière enquête d’Afrobarometer, 78 % des Gabonais jugent désormais négativement l’influence de la France, tandis que seulement 20 % ont un avis favorable. En comparaison, la Chine recueille 61 % d’opinions positives, suivie de l’Union africaine (60 %), des États-Unis (47 %) et de la Russie (43 %). Ce constat révèle un bouleversement significatif des perceptions géopolitiques au Gabon.
Historiquement, la France a occupé une position privilégiée au Gabon, en tant qu’ancienne puissance coloniale et partenaire politique majeur. Cependant, les résultats de l’enquête de 2024 indiquent que les Gabonais placent maintenant la France en dernière position parmi les principales puissances internationales. Ce changement de perception est illustré par le fait que la France est la seule à susciter un tel niveau de défiance avec 78 % d’opinions négatives.
L’enquête, menée auprès de 1 200 Gabonais adultes entre avril et mai 2024, ne permet pas d’identifier les raisons précises de ce désaveu. Afrobarometer évalue uniquement les perceptions sans explorer les causes sous-jacentes. Cela fait partie d’un phénomène plus large sur le continent africain, où plusieurs pays réévaluent leurs relations avec l’ancienne puissance coloniale, alors que de nouveaux partenaires, notamment la Chine, renforcent leur présence.
La bonne image de la Chine au Gabon, par rapport à celle de la France, ne signifie pas nécessairement une préférence diplomatique pour Pékin, mais indique un jugement plus favorable envers l’influence chinoise à ce moment précis. De plus, les classements favorables de l’Union africaine et de la CEEAC témoignent d’une confiance croissante envers les structures africaines de coopération.
Les résultats d’Afrobarometer mettent en lumière une évolution des représentations collectives au Gabon. Les opinions publiques ne sont pas statiques et évoluent avec les expériences et les débats nationaux. Toutefois, l’enquête ne fournit pas de données historiques, rendant difficile toute évaluation de l’évolution de ces perceptions. Quoi qu’il en soit, il est clair que la France ne détient plus la position privilégiée qu’elle avait autrefois au Gabon.
Source : Gabonreview.com



