Sous une montagne tibétaine, la Chine construit un barrage colossal
Le Yarlung Tsangpo, fleuve sacré du Tibet, fait l’objet d’un projet ambitieux de construction d’un barrage, le Medog, qui devrait être trois fois plus puissant que le barrage des Trois-Gorges. Ce projet a été approuvé en décembre 2024 et a été officiellement lancé le 19 juillet 2025.
Contexte factuel
Le Yarlung Tsangpo, qui effectue un virage spectaculaire autour du mont Namcha Barwa avant de descendre vers les plaines indiennes, présente une dénivellation de 2 000 mètres sur une distance de 50 kilomètres. Pour capter cette énergie, la construction de quatre tunnels de 20 kilomètres chacun est prévue, permettant de détourner le cours du fleuve. Ce système innovant ne nécessite pas de barrage de retenue d’eau, mais utilise la force gravitationnelle pour maximiser la production d’électricité.
Données ou statistiques
Le barrage de Medog aura une capacité de 60 GW, soit l’équivalent de la capacité installée de l’ensemble du parc nucléaire français. Le projet est estimé à 1 000 milliards de yuans, environ 137 milliards de dollars. Les tunnels devront détourner 2 000 m³ d’eau par seconde, ce qui représente le débit d’environ trois piscines olympiques. La production annuelle d’électricité pourrait atteindre 300 milliards de kWh, suffisant pour alimenter jusqu’à 300 millions de foyers chinois.
Conséquence directe
Ce projet pourrait modifier l’équilibre hydrique de la région et représente un levier de puissance hydraulique sur l’Inde et le Bangladesh, où 625 millions de personnes dépendent de ce fleuve. Les craintes se multiplient quant à l’impact sur les ressources en eau des pays voisins et les tensions géopolitiques qui en découlent.
Sources : France 24, Revue Conflits.
