La canicule faiblit lentement, mais la crainte d’un bilan élevé persiste
La vague de chaleur qui touche la France commence à diminuer, mais les autorités de santé restent préoccupées par un bilan potentiel élevé, notamment en ce qui concerne les décès à domicile. Alors que la pression sur les hôpitaux reste forte, les services d’urgence enregistrent une hausse record des appels au Samu et des passages aux urgences.
Les quatre Samu de Paris, des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne ont rapporté une augmentation de 80 % des appels au cours de la semaine passée. Antoine Alibert, adjoint à la santé à la mairie de Paris, a souligné que la situation était caractérisée par un « pic de pollution à l’ozone » et une « saturation exceptionnelle » des hôpitaux. L’Agence régionale de santé d’Île-de-France a activé le plan blanc, permettant d’appeler des étudiants en santé et des infirmières libérales pour faire face à cette crise.
L’AP-HP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris) a noté que près de 3 000 passages aux urgences ont été recensés samedi, soit 36 % de plus qu’une journée normale. Ce phénomène n’est pas isolé, des établissements d’autres régions, comme le Samu d’Ille-et-Vilaine, signalent également un nombre d’appels inédit.
La canicule, qui a débuté sur la façade ouest, se concentre désormais sur la moitié est du pays, laissant plus de vingt départements en vigilance rouge. Bien que ce niveau maximal devrait disparaître dans les jours à venir, les effets sur le système de santé pourraient perdurer, avec un plateau élevé d’activité attendu.
Le gouvernement s’inquiète particulièrement du nombre de décès survenant hors du système hospitalier. Des experts estiment que des personnes décèdent avant d’arriver à l’hôpital. Philippe Juvin, député et chef des urgences de l’hôpital Georges Pompidou à Paris, prévoit une hausse de la mortalité dans les jours à venir.
Les représentants des pompes funèbres rapportent que les chambres funéraires commencent à saturer, avec un nombre croissant de décès à domicile. À Paris, les deux funérariums intra-muros sont déjà complets.
Pour établir un bilan définitif de cette canicule, il faudra attendre plusieurs semaines, voire des mois. Les précédentes vagues de chaleur avaient entraîné une surmortalité de 5 700 décès en 2025, et la canicule de 2003 avait causé environ 15 000 décès.
Source : HuffPost