La Banque centrale face à la gestion de la dette publique : options et enjeux en débat.

La dette publique détenue par la banque centrale : au frigo ou au feu ?

La dette publique détenue par la Banque centrale : au frigo ou au feu ?

Le débat sur l’annulation des dettes publiques détenues par la Banque centrale européenne (BCE) a été récemment relancé par Jean-Luc Mélenchon, qui a proposé de « mettre la dette au frigo » tout en suggérant également de la « foutre au feu ». Ces deux métaphores illustrent des options qui diffèrent en termes d’effets financiers, comptables et politiques. Une tribune publiée dans le « Nouvel Obs » a opté pour la première option, préconisant de maintenir durablement au bilan de l’Eurosystème les titres publics, en les renouvelant à l’échéance ou en les transformant en dette perpétuelle à taux nul.

L’idée d’annulation, représentée par le « feu », a été développée dans un ouvrage coécrit en 2020 par Nicolas Dufrêne et Alain Grandjean, et reprise par plus de 150 économistes européens en février 2021. Ce débat a évolué, certains économistes admettant maintenant que des écritures comptables peuvent « désarmer le chantage à la dette », alors qu’ils critiquaient auparavant cette approche.

Il reste à choisir entre congeler ou annuler la dette. Trois raisons principales plaident en faveur de l’annulation. Premièrement, une dette perpétuelle à taux nul a une valeur actualisée de zéro, ce qui la rend équivalente à une créance sans valeur. Les partisans de la congélation acceptent l’économie de l’annulation sans vouloir l’appeler ainsi, ce qui présente un risque potentiel, car les termes de la dette perpétuelle restent soumis à des changements politiques.

Deuxièmement, l’annulation est liée à un engagement d’investissement dans des projets écologiques et sociaux, contrairement au gel qui est une gestion silencieuse décidée par des banquiers centraux. Enfin, une dette gelée reste comptabilisée dans les ratios de Maastricht, ce qui peut avoir des conséquences sur la perception de la solvabilité de l’État.

Bien que le gel puisse être une solution transitoire, il ne traite pas la question fondamentale de la création monétaire. Pour répondre aux défis du XXIe siècle, il est nécessaire de penser à une création monétaire sans dette, sous contrôle démocratique, ciblée vers les besoins essentiels.

Source : Nouvel Obs

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