Notre priorité immédiate demeure l’introduction en Bourse : le président du conseil d’administration de KNDS dément tout projet de nationalisation totale par la France et l’Allemagne

Le président du conseil d’administration de KNDS, Tom Enders, a démenti ce mercredi 5 août l’existence de discussions franco-allemandes en vue d’une nationalisation totale du fabricant de chars, affirmant que le projet d’introduction en Bourse était toujours d’actualité malgré sa suspension le 1er juillet.

Le groupe franco-allemand d’armement KNDS a rejeté l’hypothèse d’une nationalisation complète par Paris et Berlin, une alternative mentionnée par la presse allemande, alors que son introduction en Bourse a été reportée en raison de conditions de marché défavorables. En juin, un accord a été conclu entre les deux capitales pour se partager 80 % des parts de l’entreprise, avec l’intention d’introduire les 20 % restants en Bourse. Cependant, le journal allemand Handelsblatt a rapporté un plan B selon lequel Berlin et Paris pourraient acquérir 100 % des parts et abandonner le projet de cotation.

Tom Enders a déclaré à l’agence de presse Reuters : « Il n’est pas question d’une nationalisation complète de KNDS, et rien ne la justifie. » Cette position a été confirmée par une porte-parole du groupe, qui a souligné que « notre priorité immédiate demeure l’introduction en Bourse, avec le soutien total du conseil d’administration de KNDS ». L’opération, initialement prévue en juin, devait être l’une des plus importantes introductions en Bourse récentes dans le secteur de la défense européenne, avec une cotation envisagée à Paris et Francfort, et une valorisation estimée entre 15 et 18 milliards d’euros selon Bloomberg. Toutefois, une semaine après l’annonce, KNDS a décidé de temporiser, attendant des « conditions de marché plus favorables » face à la volatilité du secteur.

Tom Enders a également mis en avant une « situation financière extrêmement solide », avec un carnet de commandes jugé très important. Il a ajouté qu’un contrôle étatique total ne favoriserait pas l’honoration rapide de ces commandes ni les investissements dans l’innovation. Selon Handelsblatt, une nationalisation pourrait apporter une certaine stabilité à l’entreprise et inciter les investisseurs à envisager une valorisation plus élevée lors d’une future IPO.

Sebastian Hille, porte-parole adjoint du gouvernement allemand, a déclaré : « Nous voulons, avec la France, façonner l’avenir de KNDS en tant que futurs actionnaires communs, dotés de droits égaux. » Une source gouvernementale française a confirmé que l’accord de gouvernance signé en juin « demeure pleinement valable ».

Créé en 2015 par la fusion du français Nexter et de l’allemand KMW, KNDS est un acteur clé de l’industrie européenne de défense terrestre, faisant face à la concurrence américaine. Paris et Berlin cherchent à avancer dans leurs projets de défense européenne, suite aux difficultés rencontrées dans le cadre du programme Scaf, l’initiative d’avion du futur franco-allemand.

Source : Reuters.

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