Kenya : La justice rejette la demande des rastafaris d’utiliser le cannabis pour leur culte
La Haute Cour du Kenya a rejeté le 15 juillet 2026 la demande de la communauté rastafari visant à obtenir une exemption religieuse pour l’utilisation du cannabis dans le cadre de son culte. Les juges ont estimé que les requérants n’avaient pas prouvé que l’interdiction du cannabis porte atteinte à leurs droits constitutionnels. Selon les premiers éléments du jugement, la Cour a également considéré que l’usage du cannabis ne constitue pas un élément central de la foi rastafari et que d’autres recours juridiques auraient dû être engagés avant la saisine de la Haute Cour. La Rastafari Society of Kenya demandait non pas une légalisation du cannabis, mais une dérogation pour un usage exclusivement religieux. Les avocats des requérants ont annoncé leur intention de faire appel.
Au Kenya, les rastafaris devront encore attendre pour obtenir le droit d’utiliser du cannabis afin de se rapprocher de Dieu. La Haute Cour a rejeté leur recours, déposé il y a plus de cinq ans, pour pouvoir utiliser cette plante à des fins religieuses. Selon le juge, les rastafaris auraient d’abord dû demander une autorisation par les procédures prévues par la loi avant de contester l’interdiction du cannabis à des fins religieuses. Il a également souligné qu’ils n’ont pas démontré que cette pratique était indispensable à leur foi.
Dunstan Omari, l’avocat des requérants, a contesté cette analyse : « Le mouvement Jah Rastafar n’est pas une spécificité kényane, c’est une religion mondiale. Le cannabis en est un élément central. Les rastafaris du Kenya pratiquent-ils une religion différente ? Non. Alors, pourquoi seraient-ils traités différemment de ceux d’Afrique du Sud ou ailleurs ? » Il a précisé que la saisine de la Cour constitutionnelle était due à l’incapacité de ses clients à obtenir une autorisation par les voies légales.
Bien que les rastafaris kényans aient perdu, le juge a paradoxalement donné raison à certains de leurs arguments. La Haute Cour a en effet noté que le Kenya ne peut plus éviter un débat national sur le cannabis et s’est interrogée sur l’opportunité de consacrer des ressources policières à la répression de son usage personnel, plutôt qu’à d’autres formes de criminalité. Les rastafaris considèrent donc cela comme une petite victoire, mais la bataille judiciaire est loin d’être terminée. Ils prévoient de saisir la Cour d’appel pour tenter d’annuler cette décision, cette fois devant un collège de cinq ou sept juges.
Source : RFI
