« La tech n’a pas le même ADN que Hollywood » : Justine Bateman, l’actrice en croisade contre l’IA

La tech n’a pas le même ADN que Hollywood : Justine Bateman, l’actrice en croisade contre l’IA

Justine Bateman, actrice et réalisatrice, s’affirme comme une voix critique de l’intelligence artificielle (IA) dans l’industrie cinématographique. Pendant les grèves massives de 2023, elle a été conseillère pour le syndicat SAG-AFTRA sur les enjeux liés à l’IA. Malgré ses avertissements sur les dangers de cette technologie, elle déplore qu’ils n’aient pas été pris en compte lors des négociations avec les studios.

En 2023, alors que l’utilisation de l’IA se répand à Hollywood, Bateman a lancé le festival Credo23, le premier aux États-Unis à garantir des films sans IA. Ce festival a attiré des figures importantes de l’industrie, comme le réalisateur Sean Baker et l’acteur Tim Robbins. Son initiative reçoit le soutien d’autres personnalités, dont le producteur Matthew Weiner et la réalisatrice Reed Morano.

L’utilisation de l’IA à Hollywood s’accélère, touchant divers aspects tels que l’écriture de scénarios, la modification des voix des acteurs et la création de doubles digitaux. Bateman souligne que cette infiltration se fait principalement de manière silencieuse, par crainte de réactions négatives face à une technologie qui pourrait menacer la créativité.

Elle considère que l’IA représente une continuité dans la transformation de l’industrie, amorcée avec l’essor du streaming. Bateman affirme que « la tech n’a pas le même ADN, pas la même infrastructure que Hollywood », soulignant ainsi les différences fondamentales entre les deux mondes.

L’artiste, qui a débuté sa carrière dans les années 1980, se souvient d’un temps où le talent et la détermination permettaient encore de percer dans l’industrie. Elle critique la tendance actuelle vers une optimisation des contenus, favorisant les films à large portée commerciale au détriment des productions plus nuancées.

Bateman dénonce également la prolifération de « films de deuxième écran » qui sont conçus pour être regardés en multitâche. Selon elle, cette évolution pousse les réalisateurs à adapter leurs œuvres aux attentes des plateformes.

Malgré ces préoccupations, elle reste optimiste. Elle prévoit que le grand public finira par rejeter ces productions jugées trop lisses. Elle évoque aussi les investissements massifs dans l’IA, qui, selon elle, ne garantissent pas le succès. Bateman espère que l’effondrement potentiel de cette bulle technologique pourrait ouvrir la voie à une nouvelle ère de création artistique.

Les dépenses des studios en IA restent discrètes, mais Netflix a récemment annoncé un investissement de 587 millions de dollars dans une start-up d’IA, tout en utilisant cette technologie dans 300 de ses titres pour la production et la postproduction. Un sondage de la Mozilla Foundation en 2025 révèle que 48 % des créatifs d’Hollywood utilisent l’IA, dont près de 20 % pour générer des idées ou obtenir des retours sur des scénarios.

Source : La Croix

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *