Justice des mineurs : Les unités judiciaires à priorité éducative entrent en fonction
Le 1er septembre 2026, la protection judiciaire de la jeunesse a inauguré 85 unités judiciaires à priorité éducative (UJPE), redéfinissant ainsi les modalités de placement pénal des mineurs. Ces nouvelles unités fusionnent deux systèmes précédemment séparés – les centres éducatifs fermés et les unités éducatives d’hébergement collectif – afin d’offrir une réponse éducative unique, mieux adaptée aux besoins des jeunes et aux défis contemporains liés à la délinquance juvénile.
Ces 85 premières UJPE prennent la place des centres éducatifs fermés (CEF) et des unités éducatives d’hébergement collectif gérés par le secteur public. La réforme sera progressivement étendue aux CEF gérés par le secteur associatif habilité d’ici 2028.
Objectifs de la réforme
La création des UJPE a été annoncée par Gérald Darmanin, garde des Sceaux, en novembre 2025. Cette réforme vise à :
- Renforcer la continuité des parcours des mineurs placés sur décision de justice.
- Clarifier les modalités de placement.
- Consolider la priorité accordée au travail éducatif dans un cadre structurant.
L’initiative cherche également à individualiser les sanctions décidées par l’autorité judiciaire et à améliorer les conditions de leur mise en œuvre.
Public accueilli par les UJPE
Les UJPE accueillent des mineurs et jeunes majeurs âgés de 13 à 21 ans, condamnés par la justice pour des infractions pénales. La décision de placement est prise par l’autorité judiciaire, en tenant compte du profil de chaque jeune et de la gravité des infractions commises. Certains jeunes, considérés comme primo-délinquants ou auteurs de faits moins graves, doivent respecter un couvre-feu, tandis que d’autres peuvent faire l’objet de placements stricts, tels que des contrôles judiciaires renforcés.
Priorités des UJPE
Les UJPE sont présentes sur tout le territoire et offrent un accompagnement éducatif intensif, structuré et individualisé. Leur objectif est de favoriser l’engagement des jeunes dans leur parcours judiciaire, de construire un projet d’insertion et de prévenir de nouvelles infractions. Le modèle repose sur trois exigences :
Parcours éducatif et professionnel : Chaque UJPE dispose d’un professeur technique à temps plein, responsable de la formation et de l’insertion scolaire et professionnelle des jeunes.
Santé comme levier d’insertion : Un infirmier à temps plein dans chaque unité facilite l’accès aux soins pour repérer des troubles somatiques, psychiques ou addictifs.
Encadrement sécurisé : Les UJPE collaborent avec les forces de sécurité intérieure pour protéger les mineurs et les équipes contre les risques liés à la délinquance.
Chaque jeune a un emploi du temps hebdomadaire personnalisé, défini selon une évaluation initiale de sa situation et de ses compétences.
Suivi et évaluation des UJPE
L’efficacité des UJPE sera examinée en 2029, notamment en ce qui concerne la prévention de la récidive et l’insertion des jeunes. Parallèlement, de nouvelles mes alternatives aux poursuites pour mineurs sont mises en place, telles que le suivi en milieu ouvert et des actions éducatives précoces.
Avec les UJPE, le ministère de la Justice transforme le placement pénal des mineurs, passant d’une logique de structure à une logique de parcours, alliant cadre ferme et prise en charge individualisée.
Source : Ministère de la Justice.

