La justice américaine freine le projet de tunnel d’Enbridge sous les Grands Lacs
La Cour suprême du Michigan a ordonné aux autorités de régulation de l’État de réexaminer un permis essentiel à la poursuite du projet de tunnel destiné à faire passer un oléoduc sous une partie des Grands Lacs. Cette décision, prise à six voix contre une, complique davantage l’avenir de cet oléoduc vieux de 73 ans, propriété de l’entreprise canadienne de transport d’énergie Enbridge, qui achemine du pétrole de Superior, dans le Wisconsin, à Sarnia, en Ontario.
Le tronçon de l’oléoduc concerné, appelé Line 5, s’étend sur six kilomètres au fond du détroit de Mackinac, à la jonction des lacs Huron et Michigan. Enbridge souhaite enfouir l’oléoduc dans un tunnel sous le détroit. Cependant, les écologistes et la gouverneure du Michigan, Gretchen Whitmer, plaident pour l’éloignement total de l’oléoduc de la voie navigable, arguant qu’un déversement serait catastrophique pour les Grands Lacs et la région environnante.
En 2023, la Commission des services publics du Michigan a accordé un permis de construction pour le tunnel. Toutefois, quatre tribus autochtones du Michigan et plusieurs associations écologistes ont intenté une action en justice. La Cour suprême a statué que les autorités n’avaient pas examiné si le projet de tunnel prolongerait la durée de vie de l’oléoduc, ce qui pourrait entraîner des dommages environnementaux supplémentaires.
L’arrêt précise également que la Commission des services publics n’a pas fait preuve de cohérence dans la comparaison des alternatives à l’oléoduc, telles que le transport du pétrole par camion ou par train, et n’a pas évalué l’impact potentiel du tunnel sur la pêche, la navigation de plaisance et d’autres droits d’intérêt public sur les Grands Lacs.
Les opposants au projet soutiennent que cette initiative n’a jamais été réalisée ailleurs et que la construction du tunnel transformerait le détroit de Mackinac, un site sacré pour les tribus autochtones Anishinaabe, en chantier pendant des années.
Enbridge examine actuellement ses options juridiques suite à cette décision, exprimant sa déception face à ce nouveau retard dans un projet en cours d’examen depuis près d’une décennie. Selon un porte-parole de l’entreprise, Ryan Duffy, ce tunnel renforcerait la protection environnementale des Grands Lacs tout en garantissant la fiabilité énergétique essentielle pour la région.
Source : Radio-Canada


