Jens Spahn : Démission et contradictions sur la gestation pour autrui
Jens Spahn, ancien ministre de la Santé et figure de l’aile droite de la CDU, a annoncé sa démission de la présidence du groupe parlementaire CDU/CSU au Bundestag. Cette décision est survenue à la suite de révélations concernant la naissance récente de son enfant, obtenu grâce à une mère porteuse aux États-Unis, alors que la gestation pour autrui (GPA) est interdite en Allemagne.
Les conservateurs allemands, dont Spahn fait partie, s’opposent à la GPA pour des raisons éthiques et morales. En février dernier, lors d’un congrès, le parti a voté en faveur du maintien de l’interdiction de cette pratique. En 2015, Jens Spahn avait lui-même exprimé ses réserves sur la GPA, déclarant au magazine GQ : « En tant qu’homme gay et chrétien, j’ai personnellement beaucoup de mal à accepter l’idée d’un utérus de location. »
La gestation pour autrui implique qu’une femme porte et donne naissance à un enfant pour le compte d’une autre personne ou d’un couple, qui deviennent les parents légaux après la naissance. Bien que la GPA soit prohibée en Allemagne, elle est légale dans de nombreux États américains, avec des coûts variant entre 100 000 et 200 000 dollars, englobant les frais médicaux et juridiques.
À l’échelle mondiale, la GPA est pratiquée dans divers pays, dont la Grèce, où elle est encadrée sous une forme « altruiste ». En Afrique du Sud, un cadre légal existe, mais il est réservé aux citoyens sud-africains. En revanche, dans d’autres pays, la GPA se déroule dans un vide juridique, exposant les mères porteuses à des abus.
Reem Alsalem, rapporteuse spéciale des Nations unies sur la violence à l’égard des femmes, a récemment appelé à une interdiction mondiale de la maternité de substitution, soulignant que cette pratique réduit les femmes à « de simples marchandises ». Actuellement, le marché mondial de la GPA continue de croître, mais aucun accord international ne régit cette question.
Source : DW
