Starlink en Iran : l’opération clandestine d’Israël pour soutenir les manifestations anti-régime
Une guerre se déroule également sur le terrain des télécommunications. Alors que Téhéran a intensifié ses efforts pour restreindre l’accès à Internet et à certains réseaux sociaux, Israël a clandestinement introduit des antennes Starlink dans le pays. Cette révélation a été faite le 23 juin par l’ancien Premier ministre israélien, Naftali Bennett, lors d’un sommet à Jérusalem.
Bennett a déclaré avoir lancé un « processus d’acquisition et d’introduction clandestine en Iran de dizaines de milliers de récepteurs Starlink », permettant ainsi la continuité d’Internet et des réseaux sociaux. Le gouvernement iranien est connu pour imposer des coupures de télécommunications, notamment lors de manifestations anti-régime.
Amnesty International rappelle qu’en novembre 2019, « les forces de sécurité ont tué de manière illégale des centaines de manifestants au cours de cinq jours de protestations, tandis que les autorités imposaient une coupure quasi totale d’Internet ». Ce phénomène a été observé lors du soulèvement « Femme, Vie, Liberté » entre septembre et décembre 2022. Début janvier, le régime a de nouveau suspendu Internet et traqué les utilisateurs de télécommunications satellitaires.
Les antennes Starlink, développées par SpaceX, permettent de contourner ces restrictions en se connectant à Internet via un réseau de satellites. Bien qu’Israël et les États-Unis aient été accusés d’introduire clandestinement ces dispositifs, Starlink n’est pas autorisé à opérer en Iran. Cependant, Elon Musk a affirmé que le service y était actif.
L’utilisation d’Internet par satellite a été « multipliée par 20 dans le pays en 2024 », atteignant 30 000 utilisateurs selon l’Institut des États du Golfe arabe à Washington (AGSIW). Cette alternative reste toutefois marginale, car le coût d’un récepteur varie entre 400 et 1 400 dollars, sans compter l’abonnement mensuel, ce qui est bien au-delà des moyens d’un Iranien moyen.
Naftali Bennett a précisé que ces dispositifs visaient à permettre aux manifestants de se coordonner et, à terme, de renverser le gouvernement iranien. Il a critiqué l’actuel gouvernement israélien pour ne pas avoir mis en place cette infrastructure à temps lors des révoltes.
L’utilisation de Starlink est particulièrement réprimée en Iran. Les autorités recourent à des brouilleurs militaires et à des drones pour détecter les antennes paraboliques. À la suite d’une guerre entre l’Iran et Israël, Téhéran a promulgué une loi prévoyant des peines de prison de six mois à deux ans pour l’utilisation personnelle de Starlink. Les personnes reconnues coupables d’utilisation à des fins d’espionnage risquent la peine de mort.
Source : L’Express
