Interruption du concert de Barbara Butch à Grenoble par des militants pro-palestiniens
Le concert de la DJ Barbara Butch, qui se tenait samedi 18 juillet au festival Cabaret Frappé à Grenoble, a été interrompu après seulement 20 minutes par une centaine de militants pro-palestiniens. Ces manifestants reprochaient à l’artiste son soutien à la proposition de loi Yadan, qui a été présentée puis retirée par le gouvernement au printemps dernier. Ce texte, selon les autorités, visait à lutter contre l’antisémitisme, mais ses détracteurs affirmaient qu’il menaçait la liberté d’expression.
L’appel au boycott de Barbara Butch a été soutenu par La France insoumise. L’élu Allan Brunon a déclaré : « C’est notre liberté d’expression de dire que nous ne sommes pas d’accord. Ce n’est pas madame Barbara Butch qui est censurée. Ce sont toutes les personnes qui luttent contre le génocide à Gaza qui sont censurées aujourd’hui dans notre pays. »
L’association Retour de Scène, en charge de la programmation du festival, a précisé dans un communiqué que « déprogrammer sur la base d’opinions est un acte fort qui reviendrait à faire des organisations culturelles des arbitres idéologiques », tout en reconnaissant que la présence de l’artiste suscite des réactions. Alexis Monge, adjoint à la vie culturelle de Grenoble, a justifié la programmation de la DJ par des raisons de « liberté de programmation et de création ».
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a condamné cette interruption, affirmant que « l’antisémitisme, les intimidations et les pressions n’ont pas leur place dans notre République ». Il a ajouté que « empêcher une artiste de se produire est une atteinte inacceptable à la liberté d’expression et de création ».
La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) a également exprimé son soutien à Barbara Butch, appelant à l’ouverture d’une enquête. Dans un message publié sur X, la Licra a dénoncé les menaces et intimidations dont l’artiste a été victime et a demandé aux responsables publics de condamner cette cen.
Source : ICI Isère
