« Comment ça va finir ? » : à Nokia Lannion, l’inquiétude grandit chez les salariés avant un nouveau plan de départs

Comment ça va finir ? : Inquiétude grandissante chez les salariés de Nokia Lannion face à un nouveau plan de départs

La direction de Nokia a annoncé, par le biais d’un courriel envoyé à tous les employés le 17 juin, l’instauration d’un nouveau plan de départs volontaires en France, qui débutera en juillet. Cette annonce survient alors même que la précédente rupture conventionnelle collective (RCC) n’est pas encore terminée, avec une échéance fixée au 30 juin, et que les salariés n’ont pas encore connaissance des chiffres définitifs concernant ce plan. « Avant, il y avait toujours entre 16 et 18 mois entre deux RCC, là elles s’enchaînent. Comment ça va finir ? », s’interroge Olivier Legendre, délégué syndical CFDT à Lannion.

Le 24 juin, lors d’une réunion en visioconférence, les représentants du personnel de l’ensemble des sites en France seront informés du « nombre exact de salariés concernés par la prochaine RCC ». Les négociations entre les syndicats et la direction commenceront immédiatement après, selon Olivier Legendre.

Effectifs en baisse à Lannion

Au 1er juillet, le site de Lannion, le seul en Bretagne, comptera environ 400 salariés, suite au précédent plan annoncé en novembre 2025. « On ne sait pas exactement, tempère le délégué CFDT. On était 463 avant le dernier plan, il y a eu 59 départs par la RCC, mais aussi quelques démissions dont le nombre reste inconnu. De plus, les salariés qui ont choisi de partir avec la RCC demeurent inscrits dans les effectifs pour plusieurs mois. »

Abder El Boujarfaoui, délégué syndical CGT à Lannion, souligne que « la RCC, c’est un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) déguisé ». Selon lui, cela indique que la direction n’est pas parvenue à atteindre ses objectifs avec la dernière RCC, ce qui justifie le lancement d’un nouveau plan. En novembre 2025, la direction de Nokia visait la suppression de 427 postes en France, dont entre 78 et 84 à Lannion.

Un climat de stress au travail

Éric Bothorel, député de la circonscription Lannion-Paimpol, a déclaré dans un communiqué que cela représente « un huitième épisode de suppression de postes en France en dix ans, depuis le rachat d’Alcatel-Lucent ».

Olivier Legendre (CFDT) note que certains jeunes employés quittent l’entreprise, inquiets pour la pérennité du site à Lannion. Ils préfèrent se tourner vers des entreprises plus petites, comme Pégase. « L’ambiance est morose, comme pour quelqu’un qui sait qu’il va mourir sans savoir quand ! », ajoute-t-il. Abder El Boujarfaoui (CGT) renchérit : « Le stress est énorme, les gens sont super-inquiets. » La direction de Nokia n’a pas encore réagi officiellement à ces préoccupations.

Source : Le Télégramme

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