Compter les Indiens : un exercice périlleux sous 42 °C
Dans le cadre du recensement national, M. Soumina, enseignante dans une école publique, a passé environ un mois à frapper aux portes d’un complexe résidentiel dans le quartier de Mayur Vihar, à Delhi. Elle fait partie des 3,3 millions d’enseignants et autres recenseurs qui interrogeront près de 1,4 milliard d’Indiens sur leurs logements, équipements et données démographiques.
Cette tâche se déroule sous une chaleur accablante, avec des températures atteignant régulièrement entre 40 et 42 °C. Pour se protéger, Soumina a emporté un smartphone, un sac noir, une carte d’identité avec code QR et une casquette blanche portant le logo du recensement. Elle a également demandé à son mari de l’accompagner pour des raisons de sécurité, une précaution partagée par de nombreuses autres recenseuses.
Maisons fermées à clé
L’opération utilise un système numérique permettant un suivi en temps réel, mais de nombreux agents ont signalé des problèmes. Ce recensement est le premier à être entièrement numérique en Inde et le premier à collecter des données sur les castes. Initialement prévu pour 2021, il a été retardé en raison de la pandémie de Covid-19, entraînant un recensement six ans plus tard que prévu. Les autorités s’appuient encore sur les données de 2011 pour élaborer leurs politiques.
Soumina a précisé que, étant donné que plusieurs occupants sont des professionnels actifs, il est difficile de les interroger pendant la journée. Les visites se font souvent tôt le matin, entre 7 heures et 7 h 30, mais de nombreuses personnes annulent ou demandent de revenir plus tard. Si une maison est fermée, elle y retourne jusqu’à obtenir les informations nécessaires.
Meenu Verma, une institutrice de Rae Bareli, a expliqué que son équipe se levait à 4 heures du matin pour arriver dans le village assigné vers 7 heures. Entre 7 heures et 11 heures, les habitants sont généralement chez eux, mais l’après-midi, le village devient désert à cause de la chaleur. Un logement ne peut être déclaré vacant qu’après plusieurs visites, ce qui rend la tâche d’autant plus complexe.
Conclusion
Le recensement en cours illustre les défis logistiques et humains d’une opération d’une telle envergure, exacerbés par des conditions climatiques extrêmes et des préoccupations de sécurité pour les agents recenseurs.
Source : The Hindu.
