Incendies en Gironde : comment adapter la monoculture intensive du pin maritime ?

Incendies en Gironde : comment adapter la monoculture intensive du pin maritime ?

Le pin maritime, qui recouvre 75 % des surfaces forestières des Landes de Gascogne, est au cœur des préoccupations suite aux récents incendies de 2026. Ces événements, couplés à l’accélération de l’urbanisation et aux défis climatiques, soulèvent des questions sur la viabilité de la monoculture intensive de cette espèce.

Le 22 juillet dernier, un incendie majeur a ravagé 42 000 hectares à Saumos, déclenché le long d’une parcelle de jeunes pins maritimes replantés après avoir déjà brûlé en 2022. Ce massif forestier, établi au XIXe siècle pour drainer un paysage sableux, s’étend sur un million d’hectares dans les Landes, la Gironde et le Lot-et-Garonne. La répétition des feux de forêts a engendré des critiques concernant le pin maritime, reconnu pour sa capacité à favoriser la propagation rapide du feu.

Une sécheresse historique de 2026

Sylvain Delzon, directeur de recherche en écophysiologie des plantes à l’Université de Bordeaux, souligne que « pointer du doigt le pin maritime ça me dérange car un pin de plus de 25 ans fait 20 mètres de haut et il résiste plutôt bien au feu ». Il précise que le véritable problème réside dans l’entretien du sous-bois, particulièrement affecté par une sécheresse historique. En 2026, le taux d’humidité dans la végétation au sol pourrait descendre à moins de 15 %, dépassant ainsi les records de sécheresse de 1976 et 1949. Selon lui, « les coupables sont le changement climatique et l’homme, pas le pin maritime. »

Les industriels, réunis au sein de la FIBNA, partagent ce point de vue. Anne Guivar’ch, sa directrice générale, affirme que « le pin maritime reste l’espèce la plus adaptée au sol sableux qui caractérise le massif des Landes de Gascogne. Il n’y a de toute façon pas réellement de plan B ! » Le pin maritime est également la principale espèce utilisée pour la production de bois d’œuvre, considéré comme le plus rémunérateur. Bruno Lafon, maire de Biganos et président de la DFCI (Défense de la forêt contre les incendies) de Gironde, ajoute qu’une cotisation a été mise en place pour financer les travaux d’aménagement face aux risques d’incendie, tout en reconnaissant que des améliorations restent nécessaires.

Source : La Tribune

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