Incendies de forêt : comment protéger son investissement sans renoncer au bois ?

Incendies de forêt : comment protéger son investissement sans renoncer au bois ?

L’investissement forestier est désormais confronté aux risques climatiques croissants, notamment aux incendies de forêt, exacerbés par des conditions de chaleur, de sécheresse et de vent. La question qui se pose pour les investisseurs dans le bois est : comment se prémunir contre ces risques ? Bien que le sujet soit préoccupant, il est essentiel de ne pas céder au catastrophisme. En France, les surfaces touchées par les incendies restent limitées à l’échelle du massif forestier national et varient d’un massif à l’autre.

L’été 2026 a été marqué par des incendies particulièrement intenses, favorisés par des vagues de chaleur et une hygrométrie exceptionnellement faible. Selon Jean-Philippe Roux, gérant des actifs forestiers chez GFI CœurForest pour Sogenial Immobilier, « sur les 17,6 millions d’hectares de forêt métropolitaine, environ 0,6 % a été touché, un niveau très inférieur à l’accroissement biologique annuel de la forêt française, estimé à environ 3 % du volume sur pied ». Bien que le risque soit réel, il ne remet pas en cause l’intérêt de l’investissement forestier à long terme.

Un risque réel, mais pas uniforme

L’exposition au risque d’incendie n’est pas uniforme sur le territoire français. Les grandes pinèdes homogènes, notamment dans le Sud-Ouest, sont plus vulnérables, surtout lors d’épisodes de chaleur extrême, d’air sec et de vent fort. Jean-Philippe Roux rappelle la règle des « 30-30-30 », où « plus de 30 °C, moins de 30 % d’humidité et plus de 30 km/h de vent » augmentent considérablement le danger. Certains épisodes ont même approché 40 °C avec moins de 20 % d’humidité, créant des conditions favorables aux mégaincendies.

La prévention devient un levier de rendement

Pour atténuer l’impact des incendies, la qualité de gestion des forêts est cruciale. Des mes comme la création de pare-feux, l’établissement de points d’eau, et l’entretien de pistes accessibles sont déterminantes pour la rapidité d’intervention des secours. « Des pistes bien entretenues permettent aux secours d’intervenir rapidement sur un départ de feu », souligne Roux. L’adaptation sylvicole, qui consiste à mélanger les essences et les classes d’âge, favoriser la régénération naturelle et maintenir un couvert diversifié, contribue également à renforcer la résilience des forêts.

La diversification, meilleure protection pour l’épargnant

Pour les investisseurs, la clé réside dans la répartition des risques. « Il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier : détenir plusieurs forêts, dans différentes régions et avec des essences variées, évite de concentrer son patrimoine sur un seul massif », résume Roux. C’est ici qu’intervient l’intérêt d’un groupement forestier d’investissement, permettant de mutualiser les aléas climatiques au sein d’un portefeuille diversifié et géré sur le long terme.

Enfin, la gestion forestière implique également prévention et sensibilisation, car la majorité des départs de feu est liée à l’activité humaine. L’investissement forestier demeure un placement de long terme, à condition d’intégrer diversifications, prévention et adaptation climatique.

Source : Capital

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