IA en entreprise : entre dirigeants et salariés, le grand décalage
L’IA générative s’implante progressivement dans les entreprises, mais toutes ne sont pas au même niveau d’adoption. Une étude mondiale de Notion, réalisée par l’institut Qualtrics auprès de plus de 6 000 personnes dans dix marchés, révèle un écart significatif entre l’optimisme des dirigeants et la réalité vécue par les équipes.
Une majorité d’organisations encore au stade de l’expérimentation
Le rapport identifie quatre niveaux de maturité des organisations concernant l’utilisation de l’IA. Ces niveaux vont d’une IA utilisée ponctuellement comme partenaire de réflexion à une IA intégrée, capable de gérer des processus complexes de manière autonome. Actuellement, 88 % des entreprises se situent aux niveaux 1 et 2, où l’IA vise principalement à accroître la productivité individuelle. Seules 12 % ont atteint les niveaux 3 et 4, où l’IA est intégrée aux processus récurrents et dotée d’une autonomie réelle.
Des dirigeants plus optimistes que leurs équipes
L’étude met en lumière un décalage de perception important entre les décideurs et les employés. 60 % des dirigeants estiment que leur organisation est prête à déployer des agents IA, tandis que seulement 36 % des collaborateurs partagent cet avis. En matière de confiance, 49 % des décideurs se disent très ou extrêmement confiants dans les capacités IA de leur entreprise, contre 23 % des salariés.
Ce qui distingue les organisations les plus avancées
Les entreprises les plus matures ne se contentent pas d’utiliser l’IA, elles établissent également des bases solides. Elles intègrent l’IA à leurs systèmes existants, renforcent leur gouvernance et ment son impact à l’aide d’indicateurs clairs. Les organisations moins avancées utilisent l’IA principalement pour gagner en efficacité, tandis que celles plus matures s’en servent pour réaliser des tâches auparavant impossibles et améliorer la qualité de leurs décisions.
En France, un retard qui se confirme
En France, l’écart se creuse davantage. Le pays compte moins d’organisations aux niveaux avancés que la moyenne mondiale, et la confiance dans les outils d’IA y est plus faible. Selon l’étude, seulement 9 % des organisations françaises se situent aux niveaux 3 et 4 de maturité, comparativement à 12 % au niveau mondial. Ce retard est attribué à un manque de formation, soulignant que l’alignement des équipes pourrait devenir un enjeu crucial à l’avenir.
Source : Notion, étude menée par Qualtrics.
