Hybrider plutôt que changer : pour que le « nouvel esprit d'entreprise » advienne

Hybrider plutôt que changer : pour un nouvel esprit d’entreprise

Pourquoi, plutôt que de changer l’entreprise, ne pas hybrider les modèles existants pour réconcilier l’esprit d’entreprise et le bien commun ? En réaction au rapport Pour un nouvel esprit d’entreprise. Un modèle d’entreprise responsable, ancrée et démocratique pour la France et l’Europe, publié en février 2026, Éric Delannoy, président fondateur de Tenzing, soumet plusieurs propositions complémentaires.

La Fondation Jean-Jaurès et le groupe Socialistes et apparentés de l’Assemblée nationale, sous l’impulsion de Dominique Potier, ont produit un récit des « révolutions silencieuses » des 25 dernières années, des lois Auroux à la loi Pacte. Ce rapport conclut qu’il est nécessaire d’aller plus loin pour relever les défis contemporains, en proposant 22 mes autour de trois axes : la me, la valeur et le pouvoir.

La conviction centrale de cette réflexion est que l’hybridation des modèles existants, en prenant le meilleur de l’économie sociale et solidaire (ESS) et de l’économie de marché, est préférable à un changement imposé. Le rapport insiste sur l’importance d’une approche endogène, favorisant la prise de conscience et l’éducation, plutôt que l’accroissement des contraintes réglementaires.

Un accord de fond

Le diagnostic du rapport affirme que faire de l’entreprise un acteur clé de la transition nécessite une prise de conscience, une gouvernance adaptée et une incitation à innover. Le rapport évoque la création de plus de 2100 sociétés à mission en France, employant un million de salariés en mai 2025, ainsi que l’importance de mer les transitions à l’aide de normes adaptées.

Sortir des schémas idéologiques

Un nouvel esprit d’entreprise doit sortir des schémas idéologiques. Le rapport critique le concept de « raison d’être contraignante » et appelle à une coopération plutôt qu’à une confrontation. L’acceptation du retour sur investissement est essentielle pour promouvoir l’utilité sociale et environnementale.

Un angle mort : créer la richesse avant de la répartir

Le rapport souligne que la création de richesse est un prérequis pour toute politique de répartition. Il propose d’ajouter un quatrième pilier aux entreprises responsables, ancrées et démocratiques : la prospérité. Quatre leviers sont suggérés : investir dans la formation, soutenir l’innovation, donner un avantage aux entreprises à impact positif et flécher les capitaux vers des projets vertueux.

Une fiscalité incitative plutôt que punitive

Concernant la fiscalité, le rapport critique la tendance à majorer l’impôt des entreprises à impact négatif sans prendre en compte les spécificités de chaque secteur. Il propose une modulation de l’impôt sur les sociétés, favorisant les bénéfices réinvestis et le partage de la valeur avec les salariés.

La mission : exemplarité plutôt qu’obligation

Le rapport met en garde contre les risques d’un cadre légal trop contraignant pour la raison d’être. Il préconise une approche basée sur l’exemplarité et l’incitation plutôt que sur l’obligation, notamment pour les entreprises dont l’État est actionnaire.

La proposition manquante : rénover l’Esus

Le rapport appelle à rénover le statut d’« entreprise solidaire d’utilité sociale » (Esus) pour en faire un outil plus efficace pour les entreprises à impact positif, en élargissant son champ d’application et en ajustant les critères de répartition des bénéfices.

Les achats responsables

Les grandes entreprises, par leur pouvoir économique, peuvent jouer un rôle clé dans la transition vers un capitalisme durable en choisissant des fournisseurs engagés. Le rapport suggère de systématiser une politique d’achats responsables, intégrant des critères d’impact social et écologique.

Conclusion : Faire de 2026 l’année de l’hybridation

Les auteurs appellent à faire de 2026 « une année pour changer l’entreprise », en privilégiant l’hybridation des modèles plutôt que le changement imposé. Cela pourrait réunir tous ceux qui cherchent à concilier l’esprit d’entreprise et le bien commun.

Source : Fondation Jean-Jaurès, rapport sur le nouvel esprit d’entreprise.

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