Guinée-Bissau : la junte assure la stabilité après le référendum constitutionnel.

En Guinée-Bissau, la junte promet la stabilité après le référendum

En Guinée-Bissau, la junte promet la stabilité après le référendum

Le Conseil national de transition (CNT) de Guinée-Bissau a exhorté, le 2 septembre, les acteurs politiques à respecter le processus référendaire en attendant l’annonce des résultats définitifs, selon le journal privé O Democrata.

Le président de l’assemblée législative de transition, Fore Caramba Sanha, a indiqué lors d’une conférence de presse à Bissau que si les résultats préliminaires en faveur de la nouvelle Constitution étaient confirmés, la Guinée-Bissau entrerait dans une nouvelle ère de stabilité et de respect de l’État de droit. Il a précisé que la stabilité implique des institutions fonctionnelles, le respect de l’État de droit, la prévisibilité de la vie publique, ainsi que la sécurité et la continuité des réformes.

La Commission électorale nationale a annoncé le 1er septembre que, malgré des appels au boycott du référendum de la part de partis politiques et d’organisations de défense des droits de l’homme, environ 70 % des Guinéens auraient voté en faveur d’une nouvelle Constitution, qui prévoit un passage d’un système parlementaire à un système présidentiel. Cette Constitution a été approuvée malgré le boycott, considéré par certains comme un stratagème destiné à « institutionnaliser l’autocratie ».

Les résultats préliminaires indiquent que 70 % des électeurs ont soutenu les modifications, tandis que 30 % se sont prononcés contre, avec un taux de participation d’environ 60 %. La nouvelle Constitution renforce les pouvoirs de la présidence au détriment du Premier ministre, modifiant ainsi l’équilibre politique du pays. Elle réduit également le nombre de sièges au Parlement de 102 à 65 et diminue le nombre de circonscriptions électorales de 29 à 12, tout en maintenant la durée du mandat présidentiel à cinq ans et en limitant le nombre de mandats à deux.

Ces changements surviennent alors que des élections présidentielles et législatives sont prévues en décembre, et les autorités militaires affirment qu’ils visent à ramener le pays à un régime civil. Cependant, le principal parti d’opposition, le PAIGC, a appelé à boycotter le vote, avertissant que ces modifications risquent de concentrer trop de pouvoir entre les mains de la présidence.

Ce référendum fait suite à une période de turbulences politiques, marquée par un coup d’État en novembre 2025, lorsque l’armée a pris le pouvoir après une élection présidentielle contestée. Les dirigeants de la junte ont justifié cette prise de pouvoir en déclarant avoir agi pour contrer un complot visant à déstabiliser le pays.

Les élections de décembre seront un test crucial pour vérifier si les autorités militaires respecteront leur promesse de rétablir le pouvoir civil et comment les nouveaux pouvoirs de la présidence influenceront le système politique fragile de la Guinée-Bissau.

Source : O Democrata

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